Archives de Catégorie: Littérature générale

Carla Guelfenbein, Nager nues

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Guelfenbein - Nager nuesIl lui déclare calmement, sans être avare de mots, qu’il est arrivé à un point où il ne se reconnaît plus lui-même. Il est allé trop loin. Non seulement il a trompé la confiance que Sophie a en lui, mais la sienne aussi. La situation lui a échappé, il a eu un comportement qu’il ne se serait jamais permis auparavant, qui transgresse même les limites de la décence et de l’honneur, comme cette dernière rencontre où il l’a traitée avec rudesse et violence. Il lui demande pardon ; son incapacité à établir des limites devant elle, ajoute-t-il, le met dans une position vulnérable, ce qui est insupportable, et pour toutes ces raisons il vaut mieux qu’ils cessent de se voir. Pendant qu’il parle, qu’il prononce chacun de ces mots, Morgana voit ses yeux la regarder, à demi fermés, avec l’air de contempler la trace d’un objet précieux qu’on a perdu.

Babel, page 94

Sophie a deux piliers : son amie Morgana et son père Diego. Bientôt ils vont former un trio dont Sophie paraît être le point d’équilibre, et pourtant elle est loin de se douter de la passion dévorante qui va bientôt lier les deux autres. Lorsque la fougueuse Morgana tombe enceinte, Sophie se sent irrémédiablement trahie et décide de quitter Santiago pour se réfugier chez sa mère à Paris. En cet été 1973, le Chili devient un puits de violence et après des mois de clandestinité, Morgana et Diego sont tués. Leur enfant est sauvé in extremis et conduit en Espagne. Vingt-huit ans plus tard, les images des attentats du 11 septembre ravivent la mémoire de Sophie et la conduisent à partir à la recherche de cette demi-sœur inconnue.

Carla Guelfenbein tisse un ouvrage où histoire intime et grande Histoire s’entremêlent et deviennent indissociables. Les émois personnels font échos aux drames politiques, sans que les uns ne prennent le dessus sur les autres : les faits s’alimentent et se mâtinent d’émotions, contexte et historiette sont des vases communicants. J’ai retrouvé avec plaisir la plume tumultueuse de cette auteure chilienne : elle croque des personnages qui émeuvent et les place dans des situations qui ont le mérite d’éviter la banalité. Ainsi elle nous parle d’amour et d’amitié en évitant de fouler uniquement des sentiers battus et rebattus. En rendant palpable la tension qui habite Sophie elle évite un manichéisme trop forcé, et nous laisse à nos propres  pensées et sentiments.

De la même auteure, lisez Le Reste est silence.

Découvrez aussi Toujours avec toi de Maria Ernestam et Trois fois septembre de Nancy Huston.

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Romain Gary (Emile Ajar), La Vie devant soi

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Gary - La Vie devant soiJe ne sais pas ce qui m’a pris, mais j’ai eu un coup d’espoir. C’est pas que je cherchais à e caser, je n’allais pas plaquer Madame Rosa tant qu’elle était encore capable. Seulement il fallait quand même penser à l’avenir, qui vous arrive toujours sur la gueule tôt ou tard et j’en rêvais la nuit, des fois. Quelqu’un avec des vacances à la mer et qui ne me ferait rien sentir. Con, je trompais Madame Rosa un peu mais c’était seulement dans ma tête, quand j’avais envie de crever. Je l’ai regardée avec espoir et j’avais le cœur qui battait. L’espoir, c’est un truc qui est toujours le plus fort, même chez les vieux comme Madame Rosa ou Monsieur Hamil. Dingue.

Folio, page 98

Madame Rosa tient un clandé pour enfants de putes. Y vivent là, pêle-mêle, Momo, Moïse, Banania, le Vietnamien et d’autres gamins de passage, au sixième étage d’un immeuble qui abrite une communauté bigarrée aux coudes serrés. Tous se défendent face à la vie, et certain-e-s le font même avec leur cul. Alors quand vient le jour où Madame Rosa devient trop grosse, trop vieille, trop moche et trop malade, Momo s’emploie à l’accompagner du mieux qu’il peut sur ce qui lui reste de chemin, jusqu’à la mort et même au-delà. Histoire d’un amour inconditionnel entre un petit garçon arabe et une très vieille femme juive, vue à hauteur d’yeux d’enfants, avec ce que cela implique de mécompréhension et d’absolu.

Romain Gary prête sa plume à une pensée d’enfant fantasmée et c’est ce style décalé qui fait le charme, la beauté et la finesse de La Vie devant soi. Il met en lumière certaines des absurdités de la vie, et fait une richesse de ceux que l’on pourrait considérer comme de pauvres gens. La solidarité, l’intégrité et l’amour qui se dégagent de ses pages remuent le lecteur, et c’est avec un cynisme chargé de tendresse qu’il donne vie à ses personnages. Alors, le temps d’un roman, l’on veut se faufiler dans l’esprit de Momo, car c’est à la fois triste et beau, insensé et si juste.

Découvrez aussi Vive la sociale ! de Gérard Mordillat et Au bonheur des ogres de Daniel Pennac.

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Nancy Huston, Lignes de faille

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huston-lignes-de-failleLe lendemain matin, pendant que maman se sèche les cheveux dans la salle de bains ce qui veut dire que j’ai dix bonnes minutes devant moi, je vais sur le Net et absorbe les images d’Abou Ghraïb. Les mecs sont empilés les uns sur les autres, à genoux, c’est un peu comme des acrobates au cirque sauf qu’ils sont costauds et tout nus, on voit beaucoup de chair arabe qui n’est ni noire ni blanche mais d’une couleur brun-or, et les soldats US hommes et femmes ont l’air de prendre leur pied à se faire photographier avec tous ces Arabes nus et à se moquer d’eux et à le tenir en laisse et à les accrocher à l’électricité et à les obliger à s’enculer ; mon pénis devient très dur mais je ne me frotte pas parce que je n’ai pas le temps. J’éteins l’ordinateur à la seconde même où maman éteint son sèche-cheveux, et quand elle sort de la salle de bains je suis déjà dans ma chambre en train d’attacher les bandes velcro de mes Nike, prêt à partir pour l’école maternelle.

Babel, pages 68-69

Sol, Randall, Sadie, Erra : quatre voix pour une famille et une histoire, quatre voix pour quatre générations, quatre fragments d’histoire et quatre personnalités, quatre voix pour des failles innombrables. Tous ont six ans lorsqu’ils se racontent. Leurs yeux nous dévoilent un monde violent où l’amour peut être de la pire espèce. Spectateurs impuissants de leurs propres vies ou au contraire dépositaires d’une toute-puissance qu’ils ont du mal à cerner, ces enfants sont pris dans les affres d’un vingtième siècle tourmenté et de familles décomposées. Guerre en Irak, guerre israélo-palestinienne ou Seconde Guerre mondiale, chacune apporte son lot d’horreurs et de fantasmes. Et chaque personnage se forge avec et en dépit de ces affrontements, dans des élans qui peuvent émouvoir mais qui plus souvent glacent le sang.

La plume de Nancy Huston s’adapte à chacun de ses personnages enfantins en épousant leurs pensées et perceptions avec le plus grand respect pour leurs caractères. L’on peut alors se laisser emporter et remonter le temps. Elle bâtit une histoire familiale à rebours où le passé s’éclaire du futur. L’on s’émeut et l’on s’écœure au fil d’une compréhension toujours partiale et imparfaite des événements. Les zones d’ombre laissées par l’auteure donnent toute sa saveur et son intérêt à cet ouvrage où l’amour, souvent en filigrane, entremêle beauté et violence.

De la même auteure, lisez Trois fois septembre, Danse noire, Dolce Agonia et Instruments des ténèbres.

Découvrez aussi Le Jour où Nina Simone a cessé de chanter de Darina Al-Joundi et Mohamed Kacimi et Je viens d’Emmanuelle Bayamack-Tam.

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Arnaud Cathrine, Je ne retrouve personne

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Cathrine - Je ne retrouve personneDécommandé le taxi.

Pas pris mon train.

Soirée suspendue. Descendu une bouteille de vin, repassant le film de ces deux derniers jours.

Je suis monté me coucher. Et c’est tombé : cafard à couper au couteau. Penché à la fenêtre, à respirer la nuit, juste ça, j’encaisse en quelques secondes une bouffée qui me rappelle à ma vie ici, toute ma vie ici, d’un coup, sans image aucune, juste un parfum d’extérieur qui ne me terrasse pas mais me laisse avec une lame feutrée qui remonte dans le thorax. Tout est là brusquement, qui n’était que commodément « loin », passé.

Qu’est-ce que je fous là ?

Folio, pages 45-46

Aurélien a été dépêché par son frère et ses parents pour régler la vente de la maison familiale à Villerville en Normandie. Ce séjour forcé d’une nuit se prolonge et se transforme peu à peu en une retraite qui prend la forme d’une introspection. Dans cette maison qu’il a désertée depuis plusieurs années, il fait le point sur son isolement, ses amours et amitiés passées, sa famille, il sonde son histoire, en quête d’identité.

Ce récit est habité par une solitude en partie subie, en partie choisie. Le style d’Arnaud Cathrine est empreint d’une mélancolie en accord avec le bord de mer nuageux qui est le théâtre de la crise existentielle du personnage. L’auteur interroge les relations et parvient à créer le trouble dans les résurgences du passé : l’on ne sait plus s’il s’agit de fragments retrouvés ou au contraire de moments et de souvenirs qui s’échappent une bonne fois pour toute. Chaque zone d’ombre éclairée semble assombrir un peu plus le tableau de la vie d’Aurélien. Mais peut-être est-ce seulement un passage obligé vers l’avenir, vers sa remise en mouvement.

Découvrez aussi Retour à Malaveil de Claude Courchay et Toujours avec toi de Maria Ernestam.

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Lola Lafon, La Petite Communiste qui ne souriait jamais

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Lafon - La Petite Communiste qui ne souriait jamaisNadia s’apprête, ce jour-là, à réaliser un salto classique. Est-ce son corps qui, pour ne pas mourir, cherche une échappatoire au moment où ses mains glissent et qu’elle rate la barre, son bassin cogne violemment le bois ? Béla a bondi vers elle mais trop tard, de toute façon, si elle… ça sera toujours trop tard. Elle a réussi à s’agripper à la barre qu’elle a lâchée. Il lui propose un verre de limonade, une pause, elle refuse, très pâle, comme si elle allait vomir, puis se ravise, désorientée, abasourdie et surexcitée, aussi, car elle n’a pas chuté. Ils se taisent.

Babel, page 75

Montréal, 18 juillet 1976, Jeux Olympiques, épreuve de gymnastique. Dans son justaucorps blanc orné d’une étoile, les couettes serties de rubans rouges, une fillette fait sauter les ordinateurs. 90 secondes de perfection qui forment une petite révolution. 1,00, une virgule qui n’est pas programmée pour pouvoir se déplacer. Nadia Comaneci défie la gravité, l’âge adulte et la Russie dans le même temps, à coups d’équilibre, de saltos, de muscles, de volonté et de supers E. Devenue symbole de réussite du communisme roumain, elle inspire des sentiments proches de la dévotion, à l’Est comme à l’Ouest.

Lola Lafon nous emmène sur les pas de cette virtuose, avec une émotion et un intérêt non feints. Le roman est ponctué de dialogues rêvés entre l’auteure et la gymnaste, qui apportent du relief à cet ouvrage, mettant en relation son histoire personnelle et la grande histoire politique et sociale de cette seconde moitié du XXe siècle. Elle évoque en lumière et en zones d’ombre la vie dans la Roumanie de Ceauşescu. L’écriture à deux niveaux évite le manichéisme et souligne l’impuissance à saisir la réalité d’un monde aujourd’hui disparu, étranger à nos habitudes.

Si Nadia a émerveillé par sa silhouette gracieuse et fluette, le monde a du mal à lui pardonner de grandir. Fantasme de pureté elle est, fantasme de pureté elle doit rester. Personne ne lui agrée le moindre changement. Ses formes nouvelles viennent en superposition de son squelette, sont étrangères à son corps, à elle-même. Outre l’entraînement auquel Belà la soumet, c’est un combat quotidien qu’elle mène contre la faim. Et le talent de l’auteure réside dans sa capacité à nous parler de tourments, tout en les mettant continuellement en perspective. Il ne s’agit pas d’un roman-dénonciation ni d’un roman-obsession, avec poésie, elle allie admiration, réflexion et tentative de compréhension.

De la même auteure, lisez Une fièvre impossible à négocier.

Découvrez aussi Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar d’Antoine Choplin et Gil de Célia Houdart.

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Jean Teulé, Je, François Villon

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Teulé - Je, François VillonElle se retourne encore – je vois passer des flots de chair – me fait la position de la femme sur l’homme : « La sorcière chevauchant son balai ! » hurle-t-elle, engloutissant à plein pichet le nectar d’Argenteuil que Guy vient de lui tendre. Le vin déborde et ruisselle sur ses seins pendants et énormes – plus gros que ma taille – qu’elle balance de gauche à droite et dont elle me gifle les deux joues en braillant des refrains orduriers. Dans les éclaboussures enivrées de ses mamelles mythologiques, elle meugle aussi : « Hardi petit ! », s’anime d’une frénésie. Elle tape des reins et m’écrase par coups violents à m’en faire éclater les os. Les planches du réduit tressautent. Des filets de poussière s’en élèvent. Elle bat du cul tandis que dehors, ses enfants jouent du tambour et de la flûte. Ah, mais quelle femme ! Je nais aussi de ce carnage-là, barbouillé de lie dans le délire enflammé des torches. C’est une révélation. Je veux cette vie-là jusqu’à la corde. Ah, je me plais dans cette ordure. Ah, nom de Dieu !

Pocket, pages 79-80

Lui, François Villon, grand nom de la poésie française, fait personnage d’un roman fourni en stupre, en violence et en vers. Fils d’un pendu et d’une suppliciée, il est élevé par un chanoine qui aura su lui prodiguer amour mais pas morale chrétienne. Prince parmi les miséreux, apprenti parmi les assassins, poète ennuyé du bucolique Charles d’Orléans, il est avide d’une liberté qui ne s’embarrasse pas du bien : chaque crime commis semble être un pas vers l’absolu. En amour ou en amitié, l’éphémère voisine l’éternité, avec pour seule certitude, un jour, d’être condamné.

Jean Teulé nous plonge dans un Paris et une ambiance où l’horreur est faite quotidienne et banale. Il nous heurte dans nos sensibilités : est-ce le but ou le moyen, ce n’est pas toujours très clair. Il a beau dépeindre une époque où notre normalité n’avait pas cours, j’y vois un soupçon de voyeurisme, qui pourtant ne s’assumerait peut-être pas toujours. Je n’ai pu m’empêcher de remarquer que si nombre de tortures ou d’immondices sont décrites dans leurs moindres détails, seule une scène de viol homosexuel est laissé en suspens, ellipse pudique insensée dans cet amas de brutalité.

Le roman est à l’évidence richement documenté et permet d’appréhender la vie de ce poète que je ne connaissais finalement que peu. Les poèmes trouvent une toute autre dimension dans le contexte et la chronologie de sa vie. Une lecture intéressante donc, mais qui m’a paru par moment fatigante par son style, dans l’esprit de l’ancien français et des structures grammaticales de l’époque, et son ignominie redondante.

Découvrez aussi Le Maître de Garamond d’Anne Cuneo et Requiem des innocents de Louis Calaferte.

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Jean-Philippe Blondel, La Coloc

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Blondel - La ColocNous nous sommes réunis dans l’appartement refait à neuf la dernière semaine d’août, Rémi, Maxime et moi. Nous avons amené nos affaires, nos meubles ; nous avons établi notre territoire. Nos parents nous avaient accompagnés, mais nous les avons poliment congédiés, nous devions discuter, planifier, expliquer, justifier nos habitudes, nos détestations, nos goûts, nos emballements. Tout mettre sur la table pour qu’il n’y ait pas trop d’accrocs.

Bon, la première chose que nous avons faite, quand nos parents ont tourné les talons, c’est de hurler – de joie, de soulagement. Nous étions tous les trois tendus – nous n’étions pas sûrs qu’ils iraient jusqu’au bout, nous étions convaincus qu’à un moment ou à un autre, ils allaient dire non, ce n’est pas possible, retourne vivre à l’internat, reprends le bus, c’est une idée stupide, la colocation, à seize ans. Enfin, pour être plus honnête, Maxime et moi on a hurlé comme des sauvages en frappant dans nos mains tandis que Rémi se fendait d’un demi-sourire.

Actes Sud Junior, page 42

A priori, Romain, Maxime et Rémi n’avaient rien en commun, rien qui pourrait induire une proximité entre eux. Malgré tout, en cette rentrée, ils emménagent ensemble – pour des raisons différentes, mais globalement pour se rapprocher du lycée. Trois caractères apparemment tellement éloignés qu’ils pourraient ne pas être complémentaires, et pourtant, petit à petit, une certaine intimité s’installe. L’apprentissage de l’autonomie et gagner en maturité sera parfois naturel, souvent chaotique. Surtout quand viennent se mêler les histoires d’amour, celles des ados, mais aussi celles des parents.

La littérature adolescente offre souvent des personnages non soumis aux contingences matérielles de la vie avec les parents : facile, ils peuvent faire ce qu’ils veulent, quand ils veulent, sans demander l’autorisation. Ou alors la vie de famille est l’objet du roman, ou du moins son cadre. Jean-Philippe Blondel parvient à se situer entre les deux et à parler avec délicatesse d’une émancipation anticipée, avec tout ce que cela apporte de liberté et de difficultés. Les personnages sont peut-être un peu trop classique dans leur binarité – ils ne sont finalement pas ce dont ils avaient l’air au premier abord – mais les problématiques soulevées restent fines et l’écriture agréable. La Coloc m’a moins remuée que ses autres ouvrages, et pourtant je ne peux que le recommander : il aborde un large éventail de thèmes, sans que le résultat soit un imbroglio sans saveur. Et rien que ça, c’est fort.

Du même auteur, lisez Brise glace.

Découvrez aussi Comment (bien) rater ses vacances d’Anne Percin et Les Géants de Benoît Minville.

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