Archives de Catégorie: Littérature générale

Olivier Bourdeaut, En attendant Bojangles

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Bourdeaut - En attendant BojanglesÀ l’école, rien ne s’était passé comme prévu, alors vraiment rien du tout, surtout pour moi. Lorsque je racontais ce qui se passait à la maison, la maîtresse ne me croyait pas et les autres élèves non plus, alors je mentais à l’envers. Il valait mieux faire comme ça pour l’intérêt général, et surtout pour le mien. À l’école, ma mère avait toujours le même prénom, Mademoiselle Superfétatoire n’existait plus, l’Ordure n’était pas sénateur, Mister Bojangles n’était qu’un bête disque qui tournait comme tous les disques, et comme tout le monde je mangeais à l’heure de tout le monde, c’était mieux ainsi. Je mentais à l’endroit chez moi et à l’envers à l’école, c’était compliqué pour moi, mais plus simple pour les autres.

Folio, page 47

En écoutant Mr Bojangles, ils dansent. Ils dansent, ils rient et ils s’aiment follement. Le jeune narrateur conte ses parents, leur vie au rythme du plaisir sans concession, quitte à défier les expressions. Ses yeux d’enfant redéfinissent parfaitement la normalité, ses parents lui offrant chaque jour la preuve d’une raison qui n’est pas celle du monde extérieure. Sur le fil ténu de l’extravagance, cette famille triangulaire dont la mère est le sommet principal réinvente la vie. Et pourtant, la frontière est parfois invisible entre la fantaisie et la folie, spécialement lorsque la première est d’une sincérité confondante. Alors, en continuant d’écouter Bojangles, le père et le fils entrouvrent les yeux sur un monde possiblement moins heureux mais où l’amour ne peut que rester fou.

La prose d’Olivier Bourdeaut a la folie douce. Il joue avec les mots, les émotions et les situations, pour notre plus grand bonheur de lecteur. C’est avec finesse qu’il nous écrit une violence de l’intime, celle du doute et de l’amour absolu qui amène au bout du chemin, celle d’une enfance exceptionnelle qui se heurte à la réalité d’un monde qui lui est totalement extérieur. Mais surtout, c’est avec poésie qu’il déclame un hymne à la vie dansée et à l’amour. Un numéro d’équilibriste réussi, un château en Espagne à portée de main.

Découvrez aussi La Théorie du chien perché de Marie-Sabine Roger et La Vie devant soi de Romain Gary.

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Timothée de Fombelle, Neverland

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Fombelle - NeverlandJe me rappelle, vers huit ou neuf ans, m’être convaincu que j’étais l’objet d’une conspiration générale. Il me semblait que j’étais une fiction cultivée par mes parents et par tous ceux qui m’entouraient. De toute part, on essayait de me faire croire que j’étais bien moi-même, mais j’avais repéré les indices qui prouvaient que je n’existais pas. Et quand ils s’adressaient à moi le plus normalement possible, quand ils mettaient un couvert à mon intention sur la table, ils faisaient tous semblant que j’étais bien là.

Je n’en avais parlé qu’à mon grand frère. J’étais allé le retrouver dans sa chambre au milieu de la nuit.

À la fin, j’avais dit :

– Voilà.

Il était resté silencieux dans le noir. J’avais ajouté :

– Comme ça, tu sais.

Il avait pris le temps d’y réfléchir, avec beaucoup de gravité, et s’était finalement associé à mon sort, certain d’être victime de la même machination.

L’Iconoclaste, pages 31-32

Timothée de Fombelle part sur les traces de son enfance, à la recherche de ce pays où l’imaginaire est essentiel et dont le souvenir est doux lorsqu’on a eu la chance de pouvoir l’explorer en sécurité, en sortir intact. Sur le cheval de sa mémoire, il parcourt les confins de cet âge d’or. Pas d’histoire ici, mais des bribes de vécu mâtinées de cet onirisme si caractéristique de la plume de ce bel auteur.

Alors c’est avec un plaisir serein que j’ai tourné les pages de sa vie et ai remonté le fil de la mienne. Sûrement que je serais allée voir ma sœur si j’avais douté de mon existence. J’y suis certainement allée quand je doutais de tout le reste. Le plaisir des mots et chants partagés avec mes grands-parents, les retours de la campagne le dimanche soir, ramasser des noix, jouer aux trois mousquetaires et être récompensée d’un bol de céréales pour dîner, me faire porter jusqu’à mon lit, essayer de ne pas me réveiller. Il y a un peu de ça dans son Neverland, et il y en a beaucoup dans le mien. Il y a tant d’autres choses et Fombelle nous prête sa quête, ses mots, ses images et ses souvenirs pour que l’on puisse laisser notre esprit vagabonder, et retrouver cette part intime toujours présente. Dans les mots et les rêves, la littérature, les rires et la vie faite poésie. Et dans le faire semblant d’être adulte, responsable.

Du même auteur, lisez Tobie Lolness.

Découvrez aussi Jonathan Livingston le goéland de Richard Bach et La Mécanique du cœur de Mathias Malzieu.

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Magda Szabo, La Porte

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Szabo - La Porte– Assis, vaurien ! cria Emerence avec une colère destinée à un être humain. Ce ne sont pas des manières, espèce de canaille ! (Viola la regardait, les yeux écarquillés, Emerence le fixait du regard comme l’eût fait un dompteur.) Si tu veux que ta maîtresse te laisse sortir, il faut promettre de ne plus te soûler, parce qu’elle a raison, ta maîtresse, seulement elle ne pense pas que personne ne fête mon anniversaire, tu es le seul à savoir quel jour c’est, parce que je ne l’ai dit qu’à toi, même pas au fils de mon frère Joszi, ni à Choucou, ni à Adélka, ni à Polett, et le lieutenant-colonel, il l’a déjà oublié. Mais alors au réveil, il ne faut pas se comporter comme un voyou, il faut demander la permission. Debout, Viola !

Le Livre de Poche, page 65

La Porte est l’histoire – d’amour, d’amitié, de respect, d’incompréhension, de haine – de deux femmes : la narratrice et Emerence, celle qui s’occupe de tout et de tout le monde, avec une efficacité qui refuse de rendre des comptes à qui que ce soit. À première vue, tout les oppose, et pourtant une véritable codépendance s’installe. L’une est une jeune intellectuelle, l’autre une vieille dame qui sait à peine lire. En peu de mots, la confiance s’installe, qui prend peu à peu la forme d’un amour inconditionnel mais envahissant. D’autant plus qu’Emerence ne laisse personne effleurer son intimité : sa liberté, ses silences et sa solitude sont les piliers de son existence, et la porte de chez elle est fermée à quiconque, gardant précieusement le secret de sa vie.

La Porte est la confession d’un abandon, d’une destruction involontaire. La complexité du personnage d’Emerence est parfaitement bien rendue par l’auteure, et le désemparement de la narratrice est palpable. Ses raisonnements nous sont familiers, tout aussi injustifiables qu’ils soient aux yeux de la vieille femme. Sa rigueur se heurte à la logique commune. Prendre soin d’elle, c’est le faire contre son gré, à son corps défendant. Un corps qui s’épuise et se fait le gardien affaibli d’un esprit incapable de compromis.

La Porte est une galerie de personnages que l’on n’apprendra à connaître, mais si peu. Le roman d’une solidarité et d’une attention à l’autre qui ne parviennent pourtant pas à résoudre bien des difficultés et sont capables d’envahir plutôt que d’accompagner, de détruire plutôt que d’aider.

Et pourtant, La Porte m’a paru être un roman froid. Je n’ai pas réussi à en percer la carapace, à me laisser bercer ou heurter par ses mots. Je n’en déconseille pas la lecture, seulement celle-ci m’a laissé le sentiment doux-amer d’une porte fermée entre lui et moi.

Découvrez aussi Les Vies de papier de Rabih Alameddine et Miniaturiste de Jessie Burton.

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Jessie Burton, Miniaturiste

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Burton - MiniaturisteNella est heureuse d’avoir quitté Assendelft, mais elle n’est plus chez elle nulle part – ni là-bas dans les champs ni ici au bord des canaux. À la dérive, elle se sent prête à échouer entre l’idée qu’elle se faisait de son mariage et sa situation réelle ; et le cabinet, superbe et inutile, le lui rappelle horriblement. La défiance de Johannes envers elle commence à se révéler. Combien de fois a-t-il disparu à la Bourse, à la VOC, aux entrepôts près des tavernes de l’est, où les pommes de terre ont la chair la plus moelleuse ? Il ne s’intéresse pas du tout à elle. Il ne vient pas à l’église. Marin, au moins, m’a fait un bleu ! Être reconnaissante d’un pincement, c’est vraiment ridicule ! Nella a jeté l’ancre, mais elle n’a pas trouvé où toucher terre. La chaîne la transperce – massive, impossible à arrêter, dangereuse – qui plonge dans la mer.

Folio, pages 161-162

Nella Oortmman a seulement dix-huit ans lorsqu’elle arrive à Amsterdam, dans la maison de son époux Johannes Brandt. Inexpérimentée dans tous les domaines, la jeune femme attend fébrilement que ça vie débute réellement. Et pourtant, les premiers instants de son nouveau quotidien ne sont pas à la hauteur de ses espérances, et la suite la laisse circonspecte : son riche marchand de mari n’est quasiment jamais à la maison et sa sœur, la dévote Marin avec qui ils vivent, lui réserve un accueil des plus froids. En cadeau de mariage, Johannes lui offre un cabinet reproduisant à l’identique leur intérieur. Dans le désœuvrement de ses jours, Nella va petit à petit l’agrémenter, grâce aux talents hors du commun d’une miniaturiste. Entre reproduction de la réalité et prédiction, elle se trouve peu à peu aux prises avec un monde qu’elle apprend à comprendre, mais qui lui reste bien souvent hermétique.

Miniaturiste c’est la subtile combinaison d’une maison fermée sur elle-même et pourtant soumise aux règles strictes de la guilde des marchands et de la société bienpensante de ce dix-septième siècle néerlandais. Jessie Burton donne vie à la ville d’Amsterdam et plonge le lecteur dans une ambiance où richesse et austérité se côtoient. On avance à pas de loup aux côtés de Nella, son désemparement est palpable, tant face à la distance que son mari entretient, qu’aux intrigues qui lient les personnages ou au don étourdissant de la miniaturiste. Sous ses yeux, sa vie se construit, jusqu’au jour où elle ne devient plus seulement spectatrice de son existence. Alors l’incertitude reste grandissante, mais elle peut enfin agir pour elle-même et cette nouvelle famille qui est la sienne. Un bel ouvrage qui ne m’a pas remuée plus que ça, mais dont la qualité reste indéniable.

Découvrez aussi Le Maître de Garamond d’Anne Cuneo et Eva dort de Francesca Melandri.

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Grégoire Polet, Barcelona !

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Polet - BarcelonaLes huit personnes du groupe remontent leurs cols, croisent les bras, toussotent. Michèle, la femme française, a des mitaines et tient pincés entre les doigts, sous le menton, les revers de son manteau noir. L’homme au blouson de cuir cannelle, Joaquin, vient se mettre derrière elle. Il lui dit que la semaine passée, c’est vrai, il faisait plus doux. Et elle, ça l’énerve que, sous prétexte qu’on se soit croisés dans une visite guidée, on se suppose une sorte de camaraderie. Elle ne répond pas et range, hautaine, sa mèche de cheveux derrière son oreille. Oreille que Joaquin, derrière elle, voit en effet rougie par le froid, et toute menue.

Albert, devant, petit, chenu, touffu, grosse moustache, lève les mains, tousse, reprend.

Folio, page 144

S’il y a un personnage principal à ce roman, comme son nom l’indique, c’est bien Barcelone. Une ville qui habite une multitude d’êtres, de caractères et d’histoires, une ville dont les rues sont le théâtre dans lequel évoluent une foule de personnages. Du politique libéral au navigateur solitaire, en passant par la fille en rupture, l’épouse au foyer, le guide passionné, le journaliste arriviste et l’écrivain policier, les trajectoires des uns croisent la route des autres. Pas de grande intrigue ici, seulement la vie : les quotidiens se frôlent, s’évitent ou se rencontrent, quelques certitudes sont ébranlées, mais, globalement, chacun continue son bonhomme de chemin.

Sur fond d’une société ébranlée par la crise économique et le retour en force des indépendantistes – une problématique on ne peut plus actuelle –, Grégoire Polet dresse le portrait d’une ville mosaïque et d’une vingtaine de personnages que pas grand-chose ne relie, à part les hasards de leurs parcours respectifs. L’auteur tisse un réseau d’histoires individuelles qui esquissent les grandes tendances d’un présent pas toujours évident.

L’auteur a beau éviter l’écueil des coïncidences mal placées, je n’ai pas été transportée par cette lecture, qui m’a laissée sur le côté. J’ai observé les personnages évoluer, sans jamais me laisser émouvoir par autre chose que l’immensité de l’océan.

Découvrez aussi L’Amie prodigieuse d’Elena Ferrante et Au bonheur des ogres de Daniel Pennac.

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Lois Lowry, Anastasia Krupnik

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Lowry - Anastasia Krupnik« Excusez-moi de vous interrompre, mais j’aimerais récupérer mon gobelet en argent, celui avec mon nom gravé sur le côté, que ma grand-mère m’a offert pour ma naissance. Ce n’est pas la peine de l’astiquer, maman, ne t’en fais pas. »

Sa mère se dirigea vers le placard à la recherche du gobelet.

« Tu sais, Anastasia », lui dit son père, « le bébé ne sera pas là avant le mois de mars. Ce n’est vraiment pas la peine de prendre une décision tout de suite. Ton déménagement n’est pas si urgent que ça. J’imagine que tu préfèrerais peut-être passer Noël à la maison. »

Anastasia ne répondit pas. Mais elle se mit à réfléchir. Ce serait agréable d’être là pour Noël.

Sa mère avait à la main le petit gobelet noirci.

« Il faudrait vraiment que je l’astique », dit-elle. « On peut à peine lire le nom. »

« Tiens, justement », dit Anastasia. « Puisque tu parles de nom, comment voulez-vous l’appeler, ce bébé ? »

« Seigneur ! » dit sa mère. « Nous n’y avons même pas pensé. Peut-être aurais-tu des suggestions à nous faire… »

« En fait », dit son père, « je crois que nous devrions laisser à Anastasia l’entière responsabilité de cette affaire. C’est toi qui choisiras son nom. Après tout, ce sera ton frère. »

« Bien sûr, sauf que je ne serai pas là », dit Anastasia.

« C’est vrai », dit son père. « J’avais oublié. Tu sais quoi ? Malgré tout, si, par chance, tu décidais de rester parmi nous, tu aurais le droit de choisir le nom du bébé. »

« N’importe quel nom ? »

« Eh bien », dit sa mère, « peut-être devrions-nous… »

« N’importe quel nom, celui que tu voudras », dit son père d’un ton décisif. « 

Anastasia resta immobile, songeuse.

« D’accord », dit-elle finalement. « Je vais rester parmi vous, et je choisirai le nom du bébé. Tu peux ranger le gobelet dans le placard, maman. »

L’École des Loisirs, pages 47-49

Alors qu’elle a déjà dix ans, les parents d’Anastasia Krupnik osent lui annoncer qu’elle va avoir un petit frère. L’horreur, la honte et tutti quanti. « Les bébés », voilà quelque chose à ajouter à la liste de tout ce qu’elle déteste, à côté des garçons et de la tarte à la citrouille. Mais petit à petit, les choses évoluent et certaines calamités se révèlent moins désastreuses qu’elles le semblaient a priori. Et puis Anastasia s’est donnée une nouvelle mission : c’est à elle que revient la mission de nommer le bébé, et elle a bien l’intention de l’affubler du prénom le plus moche possible.

On connaît souvent Lowis Lowry pour son ouvrage phare Le Passeur et c’est avec délice qu’on découvre une auteure pleine de malice. La famille Krupnik est lumineuse et vit dans un joyeux bordel. Les éclats de voix font échos à ceux de rire, et Anastasia nous ravit autant que ses parents – et son futur petit frère – par sa répartie imprévisible et ses coups de gueule cocasses. Des liens familiaux solides qui n’ont pas peur d’être ébranlés et leur permet apparemment de vaincre toutes les difficultés.

Pour notre plus grand bonheur, au fil des ouvrages Anastasia grandit et multiplie ses lubies. Quel plaisir, à chaque fois, de retrouver les Krupnik pour quelques pages de rire…

De la même auteure, lisez Le Passeur.

Découvrez aussi Je ne t’aime pas, Paulus d’Agnès Desarthe et Quatre sœurs de Malika Ferdjoukh.

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Jean-Philippe Blondel, Blog

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blondel-blogÉvidemment, j’ai eu beaucoup de mal à trouver le sommeil – alors qu’il y avait un contrôle en SVT le lendemain, et que les SVT, ce n’est pas mon fort. J’avais l’impression que le carton était phosphorescent. Qu’il me menaçait et me protégeait tout à la fois. Je passais par toute la gamme des émotions – la colère qui me hurlait de l’envoyer se faire voir, qu’est-ce qu’il croyait ? Qu’on pouvait m’apitoyer ? Une vilaine curiosité, bien sûr, mais aussi un fond de respect. Parce que c’était un joli geste, mine de rien. Mieux en tout cas que ce à quoi je m’attendais – mieux que la proposition d’un week-end à Disneyland ou d’une escapade à Londres, rien que tous les deux, histoire de se donner bonne conscience et de réamorcer le dialogue.

Actes Sud Junior, page 36

La narrateur, quinze ou seize ans, je ne sais plus, décide de ne plus adresser la parole à son paternel. Et pour cause, celui-ci a violé son intimité en devenant un lecteur assidu de son blog. Afin de renouer le dialogue, son père lui offre un cadeau étrange mais lourd de sens : un carton contenant des bribes de son adolescence, des morceaux de silence. C’est ainsi que, petit à petit, le passé se fait connaître et dévoile une personnalité, celle d’un garçon ardent devenu un homme – trop – calme.

Comme à chacun de ses romans, Jean-Philippe Blondel aborde la question de l’écriture, ici celle de l’intimité. Une écriture qui voile ou révèle, mais toujours permet de dire les drames de la vie et ses instants de lumière. Ainsi, il prête ses mots à un adolescent indigné et blessé, tissant le récit d’un quotidien chamboulé par la découverte d’une enfance advenue mais bien révolue.

À l’heure des snapchats, peut-être la mise en scène du blog devient-elle désuète, et pourtant elle permet de mettre en relief l’apparent paradoxe d’un écrit qui ne s’adresse pas à n’importe qui et est pourtant relayé sur Internet, un espace clos et protégé à la merci de la lecture d’autrui. Journal d’une intimité partagée qui se voudrait circonscrite, Blog interroge la question du privé.

Du même auteur, lisez Brise glace et La Coloc.

Découvrez aussi Je suis sa fille de Benoît Minville et La Femme qui fuit d’Anaïs Barbeau-Lavalette.

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