Collectif, Naissances

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De Marie Darrieussecq, Hélèna Villovitch, Agnès Desarthe, Marie Desplechin, Camille Laurens, Geneviève Brisac, Catherine Cusset et Michèle Fitoussi.

anonyme-naissancesMon beau-frère habitait la région toulousaine. J’avais dix-sept ans, il avait dépassé la trentaine, le jour où nous nous sommes rencontrés. Il revenait d’une séance de rebirth. Il s’était roulé par terre, tout au long de l’après-midi, en poussant des cris. Je suppose qu’il avait espéré de tout ça un soulagement, un bénéfice. Mais à l’arrivée, il était déçu, il était furieux. Sa mère faisait les frais de sa colère, voilà, tout était de sa faute, la déception et la fureur. Je me souviens de ma stupéfaction. Il fallait être complètement cinglé pour espérer renaître. Surtout si c’était pour en vouloir à sa mère. Naître était comme mourir, naître était définitif, et sans retour possible.

Points, page 77

Au premier abord, un recueil de nouvelles portant pour titre Naissances, ça fait beaucoup d’arguments pour que je ne le lise pas. En premier lieu, j’ai souvent du mal à accrocher aux nouvelles : un art des plus compliqués, être pertinent en quelques pages, donner du sens et toucher le lecteur sans fioriture, sans la familiarité que crée le temps long de la lecture. En deuxième lieu, les récits sur la naissance, très peu pour moi. Trop de confusion entre la femme et la mère, trop d’injonction à la maternité, une soumission malvenue aux attendus sociaux. Qu’on ne se trompe pas, le sujet m’intéresse, seulement la manière de l’aborder me hérisse souvent. Mais mais mais… parmi les autres, les noms de Marie Darrieussecq, de Marie Desplechin, de Geneviève Brisac et surtout d’Agnès Desarthe m’ont fait tiquer. Ces auteures que j’affectionne, qui dans leurs ouvrages présentent une vision du monde qui m’interpellent, ces auteures pouvaient peut-être donner du sens à ce sujet éculé.

Et je n’ai pas été déçue. Au contraire, ces récits touchent à des points sensibles sans donner de leçon. La naissance et la maternité sont évoquées dans leurs différentes facettes : émerveillement, désir, partage, peur, désarroi, violence… Les auteures évitent les clichés et portent une troublante parole pleine de vérités. Des tranches de vie toutes différentes, qui émeuvent, troublent et effraient parfois. Mais lorsque c’est le cas, elles rassurent dans le même temps, domptant la solitude de la possible mère en difficulté.

D’Agnès Desarthe, lisez Je ne t’aime pas, Paulus, Le Remplaçant, Ce qui est arrivé aux KempinskiUne partie de chasse et Poète maudit.

Découvrez aussi Les Oreilles de Buster de Maria Ernestam et Le Livre de ma mère d’Albert Cohen.

Écoutez les premières pages !

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