Maria Ernestam, Les Oreilles de Buster

Par défaut

Ernestam - Les Oreilles de BusterJ’avais sept ans quand j’ai décidé de tuer ma mère. Et dix-sept quand j’ai finalement mis mon projet à exécution.

À travers ce simple constat, je viens de m’exprimer sur cette page avec une sincérité dont je n’ai pas l’habitude. À vrai dire, je n’ai jamais été aussi franche. Cela fait un moment que je n’écris plus de cartes postales, sans parler de lettres, et je n’ai jamais tenu de journal intime. Les mots m’ont toujours narguée, tournoyant sans répit dans ma tête. Des pensées que me paraissaient révélatrices, originales tant que je les gardais prisonnières, s’effritaient durant leur brève course dans l’atmosphère et mouraient dès qu’elles touchaient le papier. Comme si le simple passage de mon for intérieur au dehors suffisait à les flétrir.

Page 13

Avant même le commencement, un interlude sur les amours des baleines. Puis, incisifs, les mots sont plaqués : « J’avais sept ans quand j’ai décidé de tuer ma mère. Dix-sept quand j’ai finalement mis mon projet à exécution. » Fatalement, l’auteure capte notre attention, notre désir – un peu pervers peut-être – d’en savoir plus. Ah oui ? Et comment ? Pourquoi ? Les chapitres s’égrènent ensuite au fil des jours d’été, mêlant le passé au présent et, nécessairement, l’amour à la haine.

Eva se raconte sa vie, pour la première fois peut-être, au milieu de ses rosiers ou bien la nuit, un verre près de la main. Elle se souvient. Elle se pousse à se souvenir de la petite fille effrayée, de l’adolescente solitaire et de la femme effacée.

Maria Ernestam nous livre ici un roman frappant par son horreur ordinaire, ses amours contrariées et sa violence revancharde.

De la même auteure, lisez Toujours avec toi.

Publicités

"

  1. Pingback: Stefano Benni, Margherita Dolcevita | Aux livres de mes ruches

  2. Pingback: Siri Hustvedt, Tout ce que j’aimais | Aux livres de mes ruches

  3. Pingback: Nancy Huston, Dolce Agonia | Aux livres de mes ruches

  4. Pingback: Nancy Huston, Instruments des ténèbres | Aux livres de mes ruches

  5. Pingback: Carlos Ruiz Zafon, L’Ombre du vent | Aux livres de mes ruches

  6. Pingback: Carla Guelfenbein, Le Reste est silence | Aux livres de mes ruches

  7. Pingback: Claude Courchay, Retour à Malaveil | Aux livres de mes ruches

  8. Pingback: Frédérique Deghelt, La Nonne et le Brigand | Aux livres de mes ruches

  9. Pingback: Emmanuelle Bayamack-Tam, Je viens | Aux livres de mes ruches

  10. Pingback: Maria Ernestam, Toujours avec toi | Aux livres de mes ruches

  11. Pingback: Collectif, Naissances | Aux livres de mes ruches

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s