Claire Lavédrine, Assumer son autorité et motiver sa classe

Par défaut

lavedrine-assumer-son-autorite-et-motiver-sa-classePour ma part, j’ai pratiquement généralisé l’utilisation du mot « jeu » plutôt qu’« exercice » à chaque activité : jeu verbal, jeu rythmique, jeu musical…

Évidemment, il s’agit de faire en sorte que cela ne soit pas qu’un « effet » de langage, mais que l’exercice présente un aspect ludique. Les élèves ne sont pas dupes et à la longue, le fait d’utiliser le terme « jeu » pour « exercice fastidieux » ne les fera pas longtemps prendre des vessies pour des lanternes. Cependant, avec un peu d’entraînement, vous pouvez rendre n’importe quelle activité ludique.

De Boeck Supérieur, pages 50-51

[J’aurais bien cité l’extrait où elle affirme qu’il ne faut pas avoir honte de manipuler les élèves, mais je ne le retrouve plus dans la masse d’inepties. Dénaturer sciemment le jeu et duper les élèves discrètement c’est pas mal aussi.]

Bon, déjà le titre m’avait fait tiquer : Assumer son autorité et motiver sa classe. Petite formule qui m’avait donné envie de creuser un peu, histoire de voir la quantité de tourbe que je pourrais trouver. Ensuite j’ai vu la taille du livre, qui m’a donné envie d’aller voir ailleurs si j’y étais. 400 pages d’idées remâchées en concepts révolutionnaires, d’évidences mises à la sauce de l’innovation et de confusion entre pédagogie et manipulation, ça fait beaucoup. Mais qu’à cela ne tienne, c’était parti. Et je n’ai pas été déçue. Rien de tel pour travailler ma respiration, calmer l’énervement soudain et tenter de mettre en sourdine un agacement continu. Ça peut toujours servir.

En deux grandes parties – centrées sur le verbal et le non-verbal –, Claire Lavédrine nous donne ses trucs et astuces face à la classe, sous couvert d’une réflexion empirique. Ce n’est pas que tout est à jeter dans ce qu’elle dit – elle verse trop dans le convenu pour cela –, mais elle noie ce qu’il y a de pas complètement inintéressant dans des préceptes qui n’ont de pédagogique que le vernis. D’ailleurs, elle assume parfaitement s’inspirer du marketing et en appliquer directement les techniques. Et ce faisant, elle dilue potentiellement la réflexion du lecteur-professeur néophyte. Si l’on ajoute à cela un ton donneuse de leçon « je vais t’aider à te développer personnellement » faussement modeste, des petites blagues censées instaurer une complicité avec le lecteur,

et des passages en gras et en exergue pour si jamais on n’arrive pas à comprendre tout seul les informations essentielles,

j’ai régulièrement eu envie de me servir de ce pavé pour m’assommer et oublier, et ainsi passer de la PNL à la PLS.

Si la pédagogie vous intéresse, je vous conseille d’aller tout de suite voir ailleurs, ce sera forcément plus constructif. Réfléchissez, échangez, travaillez, essayez et lisez, certes, mais autre chose.

Découvrez plutôt Liberté pour apprendre de Carl R. Rogers et L’Influence de l’odeur des croissants chauds sur la bonté humaine de Ruwen Ogien.

Écoutez les premières pages !

 

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