Benoît Minville, Les Géants

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Minville - Les GéantsMarius continua. Il vidait son esprit encombré par l’entrevue de la matinée. Son père… Bon, il serait sans doute capable de lui pardonner ; il le respectait trop pour ne pas faire la part des choses. Il savait aussi faire la différence entre perdre un grand-père et en gagner un, même si celui-ci débarquait avec quarante ans de secrets de famille. Non, ce qu’il n’arrivait pas à dépasser, ce qui le remplissait de colère, c’était cette idée de mensonge – et aussi ce qu’il restait encore de caché, au fond. Ces non-dits qui leur appartenaient, et pas à lui. Et ce qu’il avait surpris, dans les yeux de son père : cette peur de décevoir les siens, cette angoisse d’être pris en faute… un truc qu’il n’aurait jamais soupçonné chez lui.

Bordel. Un grand-père bandit. Impossible ! On ne se découvrait pas un destin pareil un dimanche matin, au-dessus des tartines !

Éditions Sarbacane, page 87

Marius et Estéban sont les deux beaux gosses de la côte basque : les coudes serrés, ils surfent. Une amitié rare les lie, semblable à celle qui unie leurs deux familles. Un père pêcheur d’un côté, ouvrier de l’autre. Des mères qui mènent la barque à bout de bras. Un frère et une sœur également. Entre soucis d’argent, d’horizon et d’alcool, ils s’aident, coûte que coûte. Mais bon, Marius rêve de faire le tour du monde en voilier, Estéban et Alma – la sœur de Marius – sont amoureux et le grand-père de Marius revient après vingt ans de prison, bien décidé à récupérer ce qui lui est dû (mais quoi donc ?). Alors forcément, c’est un peu le bazar dans la tête des uns et des autres et les secrets et mensonges se multiplient.

L’histoire en elle-même sort de l’ordinaire – sauf pour ceux pour qui la pègre serait ordinaire – et pourtant Benoît Minville parvient à nous parler de difficultés du quotidien. Il s’intéresse aux petites gens, à des difficultés bien terre-à-terre et ne perd pas son temps à brosser des personnages parfaits. Il leur arrive d’être vraiment cons et c’est ce qui nous les rend accessibles. Des dieux du surf, certes, mais également deux jeunes hommes complètement paumés en prise avec la dure réalité du post-bac sans étude et sans argent. Les Géants nous fait le plaisir de ne pas être un roman aseptisé : on y parle de sexe, de petits et grands délits, de violence pas toujours contenue, d’alcoolisme, d’autisme, de honte, de pauvreté, de famille, d’amour et d’amitié, le tout sur fond d’été basque, avec ce que cela implique de fête et de vagues.

Du même auteur, lisez Je suis sa fille.

Découvrez aussi Malavita de Tonino Benacquista et Le Chat aux yeux d’or de Silvana De Mari.

Écoutez les premières pages !

 

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