Rosa Montero, L’Idée ridicule de ne plus jamais te revoir

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montero-lidee-ridicule-de-ne-plus-jamais-te-revoirDans son bref journal de deuil, Marie note avec une obsession du détail les derniers jours qu’elle a vécus avec Pierre, ses dernières actions, les derniers mots. C’est l’incrédulité face à la tragédie : la vie s’écoulait, si normale, et, soudain, l’abîme. La Mort ternit aussi nos souvenirs : nous ne supportons pas de nus remémorer notre ignorance, notre innocence. Ces journées que j’ai passées à New York avec Pablo, un mois à peine avant qu’on lui diagnostique son cancer, sont maintenant un souvenir incandescent : il allait mal et je ne le savais pas, il était si malade et je ne le savais pas, il lui restait un an à vivre et je ne le savais pas. Cette ignorance brûle, cette pensée torture, notre innocence à tous les deux avant la douleur finit par devenir insupportable. Je regarde à présent la photo magnifique que j’ai prise de la fenêtre de notre hôtel à Manhattan et je sens mon cœur se glacer.

Points, page 106

Pour servir de trame à L’Idée ridicule de ne plus jamais te revoir, Rosa Montero suit les traces de Marie Curie. Celle-ci a laissé un journal tenu pendant un an suite au décès brutal de son époux, Pierre Curie. La douleur de cette femme rude et passionnée entre en résonnance avec celle de l’auteure. Point de comparaison directe, mais le fil rouge du deuil, ponctué de considérations sur la vie et l’amour, le féminisme, l’écriture, les sciences…

Sur le papier, ça attise la curiosité, d’autant plus que de Marie Curie je ne connaissais pas grand-chose. Mais malheureusement la lecture est on ne peut plus décevante. La plume est maladroite et n’émeut pas : de l’écriture ou de la traduction, je ne sais ce qui pêche, mais c’est lourd et ne se laisse pas dépasser. Surtout si on y ajoute ce parti pris de l’emploi du hashtag sur papier #inintéressant #envahissant #cestquoilintérêt #nonmaissérieuxpourquoi #enfinbrefpassons #ahnonyenaencoreun. Quant aux réflexions plus ou moins métaphysiques ou au contraire très terre-à-terre de l’auteure, on s’en lasse dès les premières pages. Pas de profondeur ni de hauteur, on reste au niveau de la mer. Heureusement, le personnage de Marie Curie se suffit à lui-même pour pousser à avancer, à vite terminer.

Découvrez aussi La Nonne et le Brigand de Frédérique Deghelt et Roman à l’eau de bleu d’Isabelle Alonso.

Écoutez les premières pages !

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