Louis Calaferte, La Mécanique des femmes

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Calaferte - La Mécanique des femmes– Quand j’aurai bien baisé de tous les côtés, quand je me serai envoyé tous les hommes que je veux, peut-être que j’entrerai au couvent. Tu me vois en sainte Pute ? Là-bas dedans, je serais encore capable de toutes les faire bander. Tu crois qu’il y en a qui n’ont jamais vu une queue ? Si j’en trouvais une jolie, ça me dirait assez de la sucer, ça me changerait des bites. De toute façon, ce n’est pas pour demain, j’aime trop les hommes. Si je sais qu’il y a une queue qui bande pour moi, ça me prend partout, je deviens démente, il faut qu’elle soit à moi. Juste cinq minutes peut-être, mais que je l’ai eue, que je me la sois mise. Tu crois qu’il y a des femmes qui peuvent s’en passer ? Moi, si je n’en avais pas, je prendrais n’importe quoi à la place. L’autre jour, j’ai sucé une pompe à vélo que j’avais trouvée chez moi ans un placard. Je me suis aussi pompé à dedans. L’air, ça me chatouillait, mais ça ne m’a pas fait bander.

Folio, page 95

Fragments de vie, de sexe, de corps, de peur et d’amour. Des fragments crus de femmes, dans la rue, un lit ou ailleurs. Les scènes s’enchaînent, dans des tonalités, des sensibilités différentes, mais toujours empreintes de liberté. Dans les actes et la parole, ni entrave ni bienséance, mais une pureté dans l’objectivité des situations.

Absence de jugement et de verni, une bite est une bite. Mais malheureusement, pas de clito à l’horizon, même s’il s’agit d’une « mécanique des femmes »… Calaferte nous parle donc de plaisir et s’emploie à ne censurer aucun désir. Il est sans hésitation impertinent, cependant il a beau reconnaître à la femme sa légitimité sexuelle et pulsionnelle, son point de vue est définitivement masculin et hétéro-centré.

Je garde cependant à l’esprit que ce texte date de 1963, qu’il a alors été immédiatement interdit, et qu’il s’agissait alors d’une véritable bombe. Bombe qui continue d’ailleurs à faire son effet aujourd’hui…

Du même auteur, lisez Requiem des innocents.

Découvrez aussi Le Jour où Nina Simone a cessé de chanter de Darina Al-Joundi Mohamed Kacimi et Trois fois septembre de Nancy Huston.

Écoutez les premières pages !

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  1. Pingback: Louis Calaferte, Requiem des innocents | Aux livres de mes ruches

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