Jean Baubérot, La Laïcité falsifiée

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Baubérot - La Laïcité falsifiéeJusqu’à la « nouvelle laïcité », la xénophobie cependant ne prend guère le masque de la laïcité. Et pourtant les prétextes n’auraient pas manqué. Après la laïcisation de l’école publique en 1882, dans de nombreux villages et villes du Nord, beaucoup d’« ouvriers belges flamands montraient une certaine “fidélité” au catholicisme ». La laïcité se montre alors accommodante : les fonctionnaires de l’Académie « tolèrent le maintien des crucifix et des prières dans les classes [de l’école laïque], et l’accompagnement [par les instituteurs] des enfants à la messe. Même si le catéchisme est récité [à l’école laïque], ils s’abstiennent de sévir ». La situation évolue seulement au tournant du siècle avec le développement du socialisme et le changement de mentalité des immigrés. Donner du temps au temps, respecter le rythme de chacun, compter sur la dynamique sociale, c’est ce que la « nouvelle laïcité » ne veut et ne sait pas faire. Manque d’intelligence pour certains, hostilité consciente ou non à l’étranger pour d’autres. Un peu des deux pour beaucoup.

La Découverte, pages 81-82

La laïcité est aujourd’hui brandie à tour de bras, tel un étendard qui, en un mot, expliquerait et justifierait tous les discours – si possible rétrogrades – concernant la religion, spécialement musulmane. Cela fait alors du bien de revenir sur le sens originel de ce terme, en l’éclairant sous un jour historique. Dans un style simple et à grands renforts d’exemples, Jean Baubérot présente et explique le concept, et l’appropriation que la droite et l’extrême-droite en ont fait, sous couvert de valeurs républicaines.

Qu’il est plaisant de lire un texte intelligent sur le sujet ! Un texte fiable qui donne à réfléchir et pourvoit en arguments. Malgré un langage fluide et modeste, je ne peux malheureusement pas me targuer d’avoir saisi toutes les nuances apportées par l’auteur. Un manque de connaissances historiques préalables qui ne m’aura cependant pas empêchée de mettre en perspective le texte, le discours ambiant et ma pensée. Une lecture et une réflexion que je recommande chaudement !

Découvrez aussi Le Maître de Garamond d’Anne Cuneo et Le Jour où Nina Simone a cessé de chanter de Darina Al-Joundi et Mohamed Kacimi.

Écoutez les premières pages !

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