Rick Riordan, Percy Jackson

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Riordan - Percy Jackson 1Dans un sens, c’est bien de savoir que les dieux grecs existent, parce qu’on peut s’en prendre à quelqu’un quand tout va mal. Par exemple, lorsqu’on s’éloigne d’un car qui vient d’être attaqué par de vieilles monstresses et grillé par la foudre, et qu’il pleut par-dessus le marché, on pourrait croire, comme la plupart des gens, que c’est la faute à pas de chance ; quand on est un sang-mêlé, on comprend qu’une force divine quelconque s’emploie résolument à vous gâcher la journée.

Nous marchions donc tous les trois, Annabeth, Grover et moi, dans la forêt qui borde la côte du New Jersey ; les lumières de New York, derrière nous, sur l’autre rive de l’Hudson, teintaient le ciel nocturne d’un halo jaune et l’odeur du fleuve nous prenait à la gorge.

Grover tremblait et bêlait, la terreur réduisant ses grands yeux de chèvre en fentes étroites.

– Les Trois Bienveillantes. Les trois à la fois, a-t-il murmuré.

J’étais moi-même en état de choc. L’explosion des vitres du car tintait encore à mes oreilles. Mais Annabeth nous relançait sans répit, en disant :

– Allez, avancez ! Plus on s’éloigne, mieux ça vaut !

– Tout notre argent était là-bas, lui ai-je rappelé. Nos provisions et nos vêtements. Tout.

– Eh bien peut-être que si tu n’avais pas décidé de te joindre au combat…

– Qu’est-ce que tu voulais que je fasse ? Que je les laisse vous tuer ?

– Tu n’avais pas besoin de me protéger, Percy. Je m’en serais très bien sortie tout seule.

– En rondelles, a glissé Grover, mais très bien.

– Tais-toi, biquet.

Grover a poussé un bêlement mélancolique.

– Des boîtes en fer-blanc… un superbe stock de boîtes en fer-blanc…

Le sol était spongieux sous nos pieds et nous avancions entre des arbres tordus et disgracieux qui dégageaient une odeur de linge rance.

Au bout de quelques minutes, Annabeth s’est approchée de moi.

– Écoute, euh… (Sa voix a chancelé.) J’apprécie que tu sois revenu pour nous, d’accord ? C’était vraiment courageux.

– Nous formons une équipe, que je sache.

Elle a attendu un moment avant de reprendre.

– C’est juste que si tu mourais… en dehors du fait que ce serait vraiment moche pour toi, cela signifierait la fin de la quête. Ceci est peut-être ma seule chance de voir le monde réel.

Albin Michel, pages 195-196

Percy Jackson a douze ans, souffre de troubles de l’attention et d’hyperactivité, se fait renvoyer tous les ans et a un don pour attirer la malchance. Normal, c’est un sang-mêlé, un héros, mi-dieu mi-humain. Voilà la nouvelle qui lui tombe dessus après une course poursuite dans la nuit puis un affrontement avec rien de moins que le minotaure. Dans le même temps, il découvre que les dieux olympiens ne sont pas un mythe, que son ami Grover est un satyre, prof de latin un centaure et qu’il est accusé d’avoir volé l’éclair de Zeus… Il dispose de deux semaines pour retrouver celui-ci et le retourner à son propriétaire. S’il échoue, le risque est de voir se déclencher une Troisième Guerre mondiale. Commence alors une quête semée d’embûches et de monstres. La stratège Annabeth et l’optimiste Grover l’accompagnent à travers les États-Unis, jusqu’aux Enfers… Au fil des tomes, les histoires se poursuivent, les enjeux devenant toujours plus importants : c’est le destin de toute la civilisation occidentale et de l’Olympe et qui est entre leurs mains.

Rick Riordan actualise les mythes grecs tout au fil de l’histoire. Didactiquement parlant, rien à redire : on (re)découvre les différents dieux et héros avec à-propos, parfois à leur état originel, parfois avec un modernisme au service du scénario. Pas de manichéisme, les dieux sont fidèles à leurs caractères on ne peut plus fiers et ombrageux. « Un peu » d’occidentalisme tout de même, le siège de l’Olympe se déplace avec le pouvoir de la grande civilisation – entendez la civilisation occidentale –, ce qui explique pourquoi il se trouve aujourd’hui à New York. Malgré cela et un style pauvre (qui s’essaie à l’ironie mais manque de finesse), et en sus du côté pédagogique de la chose, c’est agréable et divertissant à lire.

Découvrez aussi La Quête d’Ewilan de Pierre Bottero et Oksa Pollock d’Anne Plichota et Cendrine Wolf.

Écoutez les premières pages !

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  1. Pingback: Laura Fischetto et Letizia Galli, La Mythologie | Aux livres de mes ruches

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