Eric Simard, Le Souffle de la pierre d’Irlande

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Simard - Le Souffle de la pierre d'IrlandeIl me semblait avoir vécu plus d’aventures durant ces premiers jours en Irlande que durant tout le reste de ma vie. Stephen m’aidait pendant les cours lorsque le sens de certains mots anglais m’échappait, mais, dans l’ensemble, je me débrouillais correctement. C’est incroyable comme il est facile de pratiquer une langue quand on se sent bien ! La présence de Fiona y était pour quelque chose…

Maman s’étonna des efforts que je fournissais : je notais tous les nouveaux mots sur un répertoire et les récitais chaque jour.

« Ça te réussis, l’Irlande ! » me dit-elle.

Georg rentra un soir avec un gros dictionnaire de gaélique ancien. Après le dîner, maman et lui s’enfermèrent dans le bureau. « Ils sont en train de traduire le manuscrit », pensai-je. Je pestai contre l’amplificateur qui m’avait lâché dès le premier soir.

De toute façon, avec les événements des derniers jours, j’avais d’autres idées en tête… Je m’endormis cette nuit-là en rêvant que Fiona se penchait sur mon visage et me parlait. Ses cheveux roux se mêlaient aux nuées d’oiseaux qui peuplaient le ciel. Les nuages s’étiraient autour de ses mèches en de longs rubans diaphanes. Je ne parvenais pas à comprendre ses paroles, mais le timbre de sa voix me rassurait.

Magnard, pages 35-36

Un soir, la mère de William lui annonce qu’ils vont déménager en Irlande. Ah ! l’Irlande… Pays de ce père disparu, pays qui abriterait une bien mystérieuse pierre. Nouvelle langue, nouvelles découvertes, nouveaux amis. Alors que sa mère est plongée dans la traduction d’un manuscrit ancien en compagnie de Georg, William est obnubilé par Fiona. Ses cheveux roux, sa cécité, son étrange rapport à la terre et aux oiseaux. Près d’elle, il va peu à peu apprendre à communiquer autrement, à envisage un monde qui serait autre, à la respiration bien particulière…

Petite, j’ai lu et adoré ce livre. Puis je l’ai vendu. Quelques années ont passé et, flânant dans une librairie, je suis retombée dessus. Sourire au coin des lèvres, petite contraction au creux du ventre qui, le temps d’un instant, m’a ramenée dix ans en arrière. Nécessairement, j’ai sorti mon porte-monnaie et l’ai racheté. Depuis, il reposait sur les étagères de ma bibliothèque. Un beau jour, j’ai fini par m’en saisir à nouveau et me suis replongée dans ce souffle qui à l’époque m’avait marquée. C’est avec tendresse que j’ai tourné les pages, renoué avec ces personnages à demi oubliés. La tonalité en est résolument enfantine, mais c’est une jolie histoire. Je ne peux que conseiller de la découvrir enfant, ou de la faire découvrir à des enfants…

À quand une rencontre fortuite avec La Petite Barbare ? Une autre histoire de pierre et de jeune fille peu ordinaire – Iris, cette fois-ci.

Découvrez aussi L’Autre de Pierre Bottero et Coeur d’encre de Cornelia Funke.

Ecoutez les premières pages !

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