Todd Strasser, La Vague

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Strasser - La VagueRoss sortit dans le couloir et s’élança dans le bureau du principal. En chemin, plus d’une douzaine d’élèves s’arrêtèrent pour effectuer le salut de la Vague. Il les salua en retour et pressa le pas, inquiet de savoir ce qu’Owens voulait lui dire. D’un côté, si le principal lui annonçait qu’il y avait eu des plaintes et qu’il devait mettre fin à l’expérience, Ross savait qu’il en serait soulagé. Honnêtement, il n’avait jamais pensé que la Vague prendrait autant d’importance. Le fait que des élèves d’autres classes, d’autres niveaux même aient rejoint le mouvement l’épatait toujours autant. Jamais il n’aurait pensé que les choses tourneraient ainsi.

Pocket, pages 123-124

Ben Ross, professeur d’histoire, montre à sa classe un film sur l’Allemagne nazie et les camps. Les réactions ne tardent pas : l’horreur, bien sûr, mais c’est surtout l’incompréhension qui domine. Comment les Nazis ont-ils pu faire ça ? Et comment la population a-t-elle pu laisser faire ? La réponse du professeur est on ne peut plus floue : il ne sait pas. On ne sait pas. Mais afin de faire comprendre à l’assemblée la complexité de la chose et l’imprédictibilité des réactions des uns et des autres, il tente une expérience. Celle-ci prend cependant rapidement une ampleur insoupçonnée et Ben Ross se trouve à la tête d’un mouvement, la Vague, dont le slogan est « La Force par la Discipline, la Force par la Communauté, la Force par l’Action. » En seulement quelques jours, ce qui pouvait au départ être pris pour un jeu transforme le lycée en microcosme totalitaire où les individualités et les consciences se dissolvent dans la masse.

Ce roman se base sur un fait divers qui a eu lieu aux États-Unis dans les années 1970. Je ne sais ce qui finalement tient de la réalité ou de la fiction, mais ne peux que regretter la pauvreté du style et la superficialité du récit. Malheureusement, car le sujet est passionnant et affolant. Mais le texte en lui-même manque de maturité : simple illustration de ce que l’on peut imaginer, il aurait nécessité un peu de recul et de réflexion. Je lui reconnais tout de même le mérite d’aborder l’histoire nazie sous un pan souvent tu : celui qui, sans déresponsabiliser, cherche à comprendre le comportement et l’aliénation d’un peuple pris dans la tourmente du totalitarisme.

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Ecoutez les premières pages !

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  1. J’ai lu ce titre lors de sa sortie grand format, et ai amèrement regretté mon achat : comme toi, j’ai trouvé que le traitement du sujet pourtant passionnant était superficiel, et que ce roman n’avait par ailleurs aucun intérêt littéraire…
    Une grosse déception.

  2. Un Film Allemand, « La Vague » (titre original « Die Welle », D. Gansel, 2008) raconte à peut près la même histoire. Un film pas mal du tout.

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