Andrea Camilleri, La Chasse au trésor

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Camilleri - La Chasse au trésor– Galluzo, il a enfin trouvé le pistolet, dit Fazio en entrant.

– Où était-il ?

– Dans la chambre de Caterina. Glissé dans une statuette creuse de la Madone.

– À part ça, quoi de neuf ?

– Calme plat. Vous savez que Catarella a une théorie là-dessus ?

– Sur quoi ?

– Sur le fait, par exemple, qu’il y a moins de vols.

– Et comment il l’explique ?

– Il dit que les voleurs, ceux de chez nous, ceux qui volent dans les maisons des pauvres gens ou dans les sacs des femmes, ils ont la honte.

– Et de quoi ?

– Ils ont la honte devant leurs collègues plus gros. Les industriels qui envoient à la faillite l’entreprise après avoir fait disparaître l’argent des épargnants, les banques qui trouvent le moyen de baiser les clients, les grandes entreprises qui volent l’argent public. Alors qu’eux, peuchère, ils doivent se contenter de dix euros, d’une télévision pourrie, d’un ordinateur qui ne marche pas… Ils ont la honte et ça leur fait passer l’envie.

Fleuve Noir, page 37

En ce moment à Vigàta, c’est le calme plat. Pas de vols, pas d’agression, pas d’assassinat, même la mafia se fait discrète. Au commissariat, on s’ennuie. Lorsque tout à coup, deux dévots se prennent pour le bras vengeur de Dieu et, afin de punir les pêcheurs, ouvrent le feu sur les passants depuis leur balcon. Le commissaire Montalbano s’empare immédiatement de l’affaire. L’appartement des tireurs est des plus insolites : un champ de croix, une assemblée de madones et, dans un lit, une pompée gonflable décrépite. Quelques jours plus tard, un meurtre est signalé. Mais la victime se trouve être… une autre poupée, réplique exacte de la première. L’anecdote sordide se transforme alors en sujet d’investigation pour Montalbano. Qui se trouve en parallèle convoqué par un épistolier anonyme à une curieuse chasse aux trésors…

C’est grâce à sa langue chaude aux accents siciliens qu’Andrea Camilleri me charme depuis bientôt huit ans. Chaque nouvel an est pour moi synonyme de cette friandise littéraire au parfum de « retour à la maison ». Car en effet, en janvier, c’est imparable, paraît une nouvelle enquête de mon commissaire bien-aimé. Et c’est avec joie que je retrouve les dialogues entre Montalbano 1 et Montalbano 2, les disputes avec Livia, le whisky avec Ingrid, les grands plats d’Adelina et d’Enzo, les baignades à Marinella, les coups d’éclats de Catarella, l’humeur moqueuse de Mimi, la passion de Fazio pour l’état civil, etc. Certes, les scénarios ne sont pas des plus complexes et les enquêtes parfois cousues de fil blanc. Mais franchement, ça reste un régal.

Découvrez aussi Malavita de Tonino Benacquista et Au bonheur des ogres de Daniel Pennac.

Ecoutez les premières pages !

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