Frédérique Deghelt, La Nonne et le Brigand

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Deghelt - La Nonne et le brigandDisparition encore et toujours. Silence de mort. Pourquoi les êtres qui nous manquent peuvent-ils ainsi créer dans notre cœur cette impression que tout s’éteint pendant leur absence ? Savoir que l’autre est à portée d’une caresse quand on ne se touche plus est si apaisant. Il reste les mots… Ceux que tu m’envoyais et qui ponctuaient ma journée. Ceux qui disaient, et je les relis à m’en crever les yeux, que tout existe, que tout est magique, à portée de rêve. Je ne tremble plus quand tes mots se posent sur ma pensée. Mon cœur cesse de se plaindre de souffrances imaginaires, d’inquiétudes insondables. Et pour un temps, ça chante, exulte et se réjouit. Pour un temps très court seulement. Ensuite les « pourquoi » reviennent, comme un vol de corneilles croassantes. L’amour fou ça ne dure jamais ou ça devient moins fou et c’est toujours la même chose.

Seule la musique reprend son chant où la passion l’avait laissé. Elle seule fait tournoyer mon cœur dans ce mal lancinant d’un souvenir perdu. Oui, la musique ravive avec grâce, si ce n’est l’amour, son exact pincement.

Babel, page 106

La Nonne et le Brigand est le roman croisé de deux destins, de deux – de mille ! – amours.

Lysange est démographe, elle voyage. Son chemin croise ceux de nombreux êtres, des inconnus dont les vécus forment un entrelacs qu’elle démêle et comprend. Un jour, ses pas la mènent jusqu’à Pierre, un photographe de guerre : une passion dévorante voit le jour, une passion de celles qui pourraient tout détruire sur leur passage, de celles qui remettent en question. Un autre jour, ils la conduisent jusqu’au Cap-Ferret, dans la petite maison de Tomas. Et c’est là qu’elle trouve le journal intime d’une jeune religieuse.

Sœur Madeleine était en mission au Brésil dans les années 1950. Avec pudeur et élan, elle a consigné ses pensées et son quotidien dans un petit cahier. Son amour pour Dieu, le trouble étrange qu’Angel, le guide, fait naître en elle, l’ébranlement de ses certitudes.

Les histoires de ces deux femmes se font échos. La trame se précise au fil des pages, tandis que les désirs s’attisent et les êtres s’attachent. Avec une plume brûlante, Frédérique Deghelt nous plonge dans le cœur de ses personnages. Point ici de généralités sur le couple. Plutôt de grands coups de pinceau qui esquisseraient l’essence de la sensualité et de l’amour. C’est beau et ça fait mal : la sincérité des mots et des émotions est frappante.

Découvrez aussi Trois fois septembre de Nancy Huston et Les Oreilles de Buster de Maria Ernestam.

Ecoutez les premières pages ! 

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