Alessandro Baricco, Châteaux de la colère

Par défaut

Baricco - Châteaux de la colèreBref, cette histoire des bijoux, on pouvait la retourner mille fois dans tous les sens, une explication définitive, de toute façon, on n’en trouverait pas. Et ainsi, quand monsieur Reihl revenait, les gens demandaient « est-ce que le bijou est arrivé ? » et quelqu’un disait ‘il paraît que oui, il paraît qu’il est arrivé il y a cinq jours, dans une boîte verte », et alors les gens souriaient, et ils pensaient « c’est beau ce qu’il fait, monsieur Reihl ». Parce qu’on ne pouvait pas dire autre chose que cette ineptie de rien, et immense. Que c’était beau.

Voilà comment ils étaient, monsieur et madame Reihl.

Si étranges qu’on pensait qu’ils étaient unis par Dieu sait quel secret.

Et en effet, ils l’étaient.

Monsieur et madame Reihl.

Ils vivaient la vie.

Folio, page 38

À Quinnipak, folies et désirs cohabitent au sein d’êtres imaginants et extravagaires. Jun et son sourire enchanteur, monsieur Reihl et ses rêves de locomotive et de ligne droite, Mormy et son silence, Pekish et son humanophone, Pehnt et sa veste trop grande en forme de destin, Horeau et ses constructions de verre, la veuve Abegg et son mari qu’elle n’a pas épousé… Autant de personnalités et d’histoires qui se heurtent les unes aux autres, qui se frottent à la vie. Une vie de possibles improbables ; celle-là même que nous vivons, et pourtant si différente.

Comme à chaque fois, Alessandro Baricco m’a touchée en profondeur. Il fait fi de la plausibilité et des certitudes, bâtit un univers littéraire d’une beauté décalée, empreinte d’une certaine mélancolie et d’une immense tendresse. On suit le fil des pages, on s’égare, parfois l’on pense comprendre. Alors on tend la main vers ce monde qui est autre, on cherche à l’atteindre, à l’attirer à nous. Mais l’auteur est le magicien. Et en quatre page il parvient à en déconstruire trois cent trente, à nous les faire envisager autrement.

Ce génie de la poésie nous pousse toujours plus loin et doucement dans nos retranchements. Et c’est  avec délices que je me laisse entraîner…

Du même auteur, lisez Trois fois dès l’aube et Cette histoire-là.

Découvrez aussi Le Vieux qui lisait des romans d’amour de Luis Sepulveda et Margherita Dolcevita de Stefano Benni.

Écoutez les premières pages !

Publicités

"

  1. Pingback: Alessandro Baricco, Cette histoire-là | Aux livres de mes ruches

  2. Pingback: Régis de Sà Moreira | Aux livres de mes ruches

  3. Pingback: Gabriel Garcia Marquez, Cent ans de solitude | Aux livres de mes ruches

  4. « Comme à chaque fois, Alessandro Baricco m’a touchée en profondeur. Il fait fi de la plausibilité et des certitudes, bâtit un univers littéraire d’une beauté décalée, empreinte d’une certaine mélancolie et d’une immense tendresse. On suit le fil des pages, on s’égare, parfois l’on pense comprendre. Alors on tend la main vers ce monde qui est autre, on cherche à l’atteindre, à l’attirer à nous. Mais l’auteur est le magicien. Et en quatre page il parvient à en déconstruire trois cent trente, à nous les faire envisager autrement. »
    Je n’arrivais pas à comprendre comment ce livre m’avait touché….
    vous si!
    Merci d’y avoir mis des mots

  5. Pingback: Anne Cuneo, Le Maître de Garamond | Aux livres de mes ruches

  6. Pingback: Agnès Desarthe, Ce qui est arrivé aux Kempinski | Aux livres de mes ruches

  7. Pingback: Marta Morazzoni, La Note secrète | Aux livres de mes ruches

  8. Pingback: Alessandro Baricco, Trois fois dès l’aube | Aux livres de mes ruches

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s