Anne Rice, Entretien avec un vampire

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Rice - Entretien avecun vampireCar c’était ainsi : je me nourrissais d’étrangers. Je ne les approchais que le temps de voir leur frémissante beauté, leur expression unique, d’entendre leur voix nouvelle et passionnée, puis je les tuais avant que ne se réveillent en moi ces sentiments de révulsion, cette peur, cette douleur.

Claudia et Lestat pouvaient bien chasser et séduire, jouir longtemps de la compagnie de ceux qu’ils avaient condamnés, en tirant plaisir de la fréquentation involontaire de la mort qu’ils leur imposaient. Moi, je ne pouvais toujours pas l’accepter. Ainsi donc, pour moi, ce fourmillement humain était une miséricorde, une forêt où je me perdais, incapable de m’arrêter, pris dans de trop rapides tourbillons pour pouvoir penser ou souffrir, acceptant plutôt que de les rechercher les invitations renouvelées de la mort.

Pocket, page 137

De nos jours (ou plutôt hier puisque le livre date des années soixante-dix), dans une chambre d’hôtel obscure, un magnétophone tourne et enregistre toutes les paroles de Louis. Et il en a des choses à dire. Car voyez-vous, Louis est un vampire. De La Nouvelle-Orléans à Paris, en passant par la Grèce et les Carpates, il a traversé les temps, les terres et les océans. Lestat, Claudia, Madeleine et Armand : ses compagnons n’ont pas été nombreux, et pourtant… pourtant chacun a laissé une empreinte sur sa vie et sur son âme. Enfin, s’il en a une. Dans tous les cas, chacun de ceux qu’il a fréquentés l’a amené à se défaire, morceau par morceau, de manière infime ou par à-coup, de ses convictions, de ses remords et de ses états d’âme. De son humanité, finalement.

Entretien avec un vampire fait figure de référence en littérature vampirique. Et pourtant, ce n’est pas un roman épique. Il s’agit plus d’une réflexion sur la nature du vampire et donc, par extension, sur celle de l’homme. C’est justement là que réside son originalité. On avance au rythme des paroles de Louis, paroles qui prennent souvent la forme d’un monologue, nous permettant, autant à lui qu’à nous, lecteurs, de sonder son être. La mort, l’amour, la religion, la violence, la morale… bien des thèmes sont abordés. Et c’est ce parti pris de l’auteur qui rend l’ouvrage à la fois si intéressant et distant. Car je suis restée simple spectatrice pendant ces quelques 440 pages, tout en sentant mon cerveau tourner à plein régime : envie de me replonger dans mes réflexions, d’avancer plus loin. Contrairement à tant d’autres, je ne peux pas dire que j’ai adoré Entretien avec un vampire, ni même que j’ai trouvé cette lecture plaisante – n’en déplaise à certains. Par contre, il est indéniable qu’elle a été enrichissante !

Découvrez aussi La Faim du tigre de René Barjavel et Twilight de Stefenie Meyer.

Ecoutez les premières pages !

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  1. J’ai vu le film récemment, mais je n’ai pas encore eu l’occasion de lire le livre. J’ai lu la saga des sorcières et c’est tout, ca ne m’a pas particulièrement marqué pour que je lise autre chose d’elle. Mais je pense que si je trouve ce livre à la médiathèque, j’essaierai :). Et son dernier avec les loups m’a l’air assez intéressant !

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