Jane Austen, Persuasion

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Austen - PersuasionLes entendre parler tellement du capitaine Wentworth, répéter si souvent son nom, interroger les années passées et établir finalement qu’il pouvait, qu’il devait probablement se trouver que ce fût exactement le même capitaine Wentworth qu’ils se souvenaient avoir rencontré une ou deux fois, après leur retour de Clifton, un jeune homme charmant ; mais ils ne pouvaient dire s’il y avait sept ou huit ans de cela, c’était un nouveau genre d’épreuve pour les nerfs d’Anne. Elle trouva, cependant, que c’en était un auquel elle devait s’aguerrir. Puisqu’on l’attendait vraiment dans les parages, elle devait apprendre à être insensible sur de pareils points. Et non seulement il apparaissait qu’on l’attendait, sans délai, mais, dans leur chaleureuse gratitude pour la bonté qu’il avait montrée envers le pauvre Dick, et leur très grande estime pour son caractère (le pauvre Dick qui avait passé six mois à sa charge faisait de lui ce vif éloge d’ailleurs, imparfaitement orthographié, « un garson épatant, seulement trot regardant, à la maître d’école »), les Musgrove étaient bien résolus à se présenter à lui et à chercher à faire sa connaissance dès qu’ils pourraient apprendre son arrivée.

Cette résolution aida à donner de l’agrément à leur soirée.

10/18, pages 63-64

Anne Eliott vivait jusque-là au château de Kellynch, transparente aux yeux de son vaniteux de père – sir Walter –, de sa coquette de sœur – Elizabeth – et de son autre sœur – Mary – hypocondriaque. Mais quand les finances se révèlent si mauvaises qu’ils doivent quitter leur propriété, c’est tout le monde d’Anne qui se renverse. En effet, la rencontre avec les nouveaux locataires se trouvent être la source de grandes joies mais également d’une immense souffrance : Mme Croft n’est autre que la sœur du capitaine Frederick Wentworth, ancien prétendant éconduit par Anne, mais qui occupe toujours une place de choix dans son cœur. Entre intrigues familiales et conflits d’intérêts, il est temps pour la jeune fille d’assumer ses choix et, peut-être, de les défaire…

Jane Austen manie à la perfection les schémas du roman sentimental, elle nous le prouve encore une fois. Il est toujours surprenant mais plaisant de s’immerger dans l’Angleterre du XIXe siècle : ses convenances, ses habitudes, tout nous est étranger. Et pourtant, on n’éprouve aucune difficulté à transposer les histoires de cœur, il suffit d’ajouter une pincée de bonnes manières et de saupoudrer copieusement de morale. En bref, c’est réjouissant !

Je déplore simplement la qualité des traductions françaises de Jane Austen. Je m’étais déjà fait la remarque pour Orgueil et Préjugés, j’ai donc changé d’éditeur, et rebelote : résultat, j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire et n’ai pas décoléré tout au long de l’ouvrage. Quelle idée de faire passer Jane Austen pour une écrivaine de bas étage, au style aussi lourd que pompeux. J’espère donc que mon niveau d’anglais est assez bon pour pouvoir lire les romans suivants en langue originale…

Ecoutez les premières pages !

De la même auteure, lisez Orgueil et Préjugés.

Découvrez aussi Chocolat amer de Laura Esquivel et Mari et Femme de Régis de Sà Moreira.

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  1. Pingback: Jane Austen, Orgueil et Préjugés | Aux livres de mes ruches

  2. Superbe livre et ton article est encore une fois très juste et très bien écrit…en effet essaie de lire le prochain en anglais! bisous

  3. Pingback: Août 2013 | Aux livres de mes ruches

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