Daniel Pennac, Au bonheur des ogres

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Pennac - Au bonheur des ogres– J’ai une bonne nouvelle à t’annoncer, Ben.

– Maman a téléphoné ?

– Non, maman doit s’habituer aux bombes.

– Vous avez fini le papier de Tante Julia ?

– Oh ! non, on en a pour un bout de temps encore !

– Jérémy n’est pas collé cette semaine ?

– Si, quatre heures samedi, pagaille en musique.

– Thérèse s’est convertie au rationalisme ?

– Elle vient de me tirer les cartes.

– Les cartes disent que tu auras la moyenne à ton bac de français ?

– Les cartes disent que je suis amoureuse de mon frère aîné, mais que je dois me méfier d’une rivale, journaliste au journal Actuel.

– Le Petit ne rêve plus d’ogres Noël ?

– Il a trouvé dans mon Robert la reproduction de Goya : Saturne dévorant ses enfants, ça lui plaît beaucoup.

– Louna fait une grossesse nerveuse ?

– Elle revient de l’échographie.

– Mâle ou femelle ?

– Jumeaux.

Silence.

– Clara, c’est ça, ta bonne nouvelle ?

– Ben, Julius est guéri.

Folio, page 141

La famille Malaussène c’est : une serial-mother qui prend la poudre d’escampette tous les quatre matins ; Ben, bouc-émissaire et grand frère en chef de son état ; Louna, qui vit le fol amour avec un médecin jusqu’au jour où elle tombe enceinte et que tout se complique (encore plus) ; Thérèse, en phase avec les étoiles, qui retranscrit ce qu’elle entend quand elle ne prédit pas l’avenir ; Clara, la douceur incarnée qui fige l’horreur sur de l’argentique ; Jérémy, qui cumule les heures de colle et les catastrophes expérimentales ; et le Petit, qui rêve d’ogres Noël. Mais c’est aussi Julius, un chien épileptique qui sent dans tout Belleville, Tante Julia, journaliste léonine qui chaparde dans les grands magasins à ses heures perdues et Théo, qui possède sa propre armée de petits vieux et nourrit les travestis du Bois de Boulogne.

Lorsque plusieurs bombes explosent au Magasin où Ben travaille, il finit par être inquiété. Et c’est la porte ouverte à des dialogues singuliers et des pensées ahurissantes. Avec sa plume fine et acérée, Daniel Pennac nous offre un ouvrage de toute beauté à l’humour décalé et réjouissant. On aime l’originalité du scénario, le burlesque des situations et la tendresse des personnages. Au fil des pages, le sourire s’impose toujours plus grand sur les lèvres et nous invite, quelque part entre le conscient et l’inconscient, à réfléchir sur la société dans laquelle on vit.

Écoutez les premières pages !

Découvrez également Malavita de Tonino Benacquista et Margherita Dolcevita de Stefano Benni.

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