René Barjavel, La Faim du tigre

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faimtigreBien sûr, il y a l’émerveillement de la rencontre du partenaire, l’enchantement de sa présence, l’éblouissement de sa possession. Il y a cette respiration plus facile quand on est ensemble, ce cœur qui déborde, cette beauté qui recouvre toute chose, tous ces symptômes qui caractérisent le sommet de la courbe d’un amour.

Ce sont les éléments du piège, sa séduction, son leurre. S’il n’y avait pas cette merveilleuse fièvre des préliminaires, et cette joie incomparable de l’accomplissement, quelle chance resterait-il pour qu’un homme et une femme allassent à la rencontre l’un de l’autre à seule fin d’accomplir un acte qui, si l’on parvient, avec une très grande difficulté, à le considérer objectivement, apparaît, somme toute, saugrenu ?

Folio, page 47

Avec La Faim du tigre, l’humain se repositionne : loin de la créature toute-puissante qu’il s’imagine parfois être, il redevient une simple entité vivante qui tire sa supériorité en même temps que sa faiblesse de son principe de pensée. Une simple entité vivante, c’est-à-dire un organisme composé de milliards de cellules dont les mécanismes sont emplis de mystères.

Avec sa plume riche et limpide, Barjavel nous touche de ses interrogations. La beauté et l’absurdité de la vie sont mises en balance et elles s’alimentent plus qu’elles ne s’opposent. ses réflexions passent de lui à nous, naturellement. Maintenant, c’est nous qui nous questionnons sur la violence intrinsèque à toute vie, sur les religions qui enjoignent à la croyance et non à la compréhension, sur l’essence de l’amour et sur l’incapacité de l’homme à appréhender le monde autrement que comme il le perçoit. Sur le fonctionnement auditif. Sur la formation des estomacs. Sur la reproduction. Sur toutes ces choses inaccessibles qui font la vie.

Je ne sais s’il est possible de faire le tour de cet ouvrage. Une seule lecture ne suffit certainement pas. Pour chaque ébauche de réponse, on réalise qu’on ne sait pas. Qu’on ne comprend pas. Qu’il ne reste qu’à chercher…

Écoutez les premières pages !

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