Luis Sepùlveda, Le Vieux qui lisait des romans d’amour

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Sepùlveda - Le Vieux qui lisait des romans d'amourLe roman commençait bien.

« Paul lui donna un baiser ardent pendant que le gondolier complice des aventures de son ami faisait semblant de regarder ailleurs et que la gondole, garnie de coussins moelleux, glissait paisiblement sur les canaux vénitiens. »

Il lut la phrase à voix haute et plusieurs fois.

– Qu’est-ce que ça peut bien être, des gondoles ?

Ça glissait sur des canaux. Il devait s’agir de barques ou de pirogues. Quant à Paul, il était clair que ce n’était pas un individu recommandable puisqu’il donnait un « baiser ardent » à la jeune fille en présence d’un ami, complice de surcroît.

Ce début lui plaisait.

Il était reconnaissant à l’auteur de désigner les méchants dès le départ. De cette manière, on évitait les malentendus et les sympathies non méritées.

Restait le baiser – quoi déjà ? – « ardent ». Comment est-ce qu’on pouvait faire ça ?

Points, pages 73-74

Antonio José Bolivar connaît la forêt amazonienne : ses pièges mais aussi sa beauté, son esprit. Il est également familier des Shuars, si tant est qu’il est possible d’être familier d’un pareil peuple – noble et fier, respectueux des traditions comme de la vie. Alors, lorsqu’on découvre un mort et que le maire s’empresse de les accuser, le vieux Bolivar prend leur défense et part à la chasse de la coupable : une panthère superbe et folle de douleur.

C’est un murmure, un bruissement qui nous envahit à la lecture de ces pages. La plume de Sepùlveda est précise, magnifique. La poésie de ses personnages se heurte à la stupidité et à l’avarice humaine. Deux mondes se mesurent et les connaissances se confrontent. La légèreté du roman est feinte, sa douceur pleine de sens. Lorsque la nature et la société échouent, seuls subsistent les romans d’amour pour échapper à la barbarie des hommes…

Écoutez les premières pages !

Découvrez aussi Le Remplaçant d’Agnès Desarthe et Mari et Femme de Régis de Sà Moreira.

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  5. En lisant des roman de Luis Sepulveda, on a toujours une impression trompeuse de facilité, de simplicité. Mai derrière tout cela, il y a une vraie réflexion sur le genre humain. J’adore cet auteur, il a une plume magnifique…

    • C’était le premier roman que je lisais de cet auteur, mais j’ai bien l’intention de continuer ! Tu aurais un titre en particulier à me conseiller ?

      • J’adore également « L »histoire du chat et de la mouette qui lui appris à voler » (je ne me souviens plus du titre exact en français). A l’origine, c’était un roman pour enfant, qui a d’ailleurs été adapté à la télévision en dessin animé.

      • Si mes souvenirs sont bons, j’ai vu le dessin animé quand j’étais petite… je chercherai le livre en librairie !

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