Marie-Aude Murail, La Fille du docteur Baudoin

Par défaut

Murail - La Fille du docteur BaudoinCe même samedi, Violaine avait décidé de se lever dès que ses parents auraient dégagé le terrain. Mais elle entendit la porte d’entrée se refermer sur eux et resta couchée en chien de fusil, tiraillée entre faim et nausée. Même l’envie d’uriner, qui la faisait de nouveau souffrir, ne pouvait la forcer à quitter son lit. Elle n’arrivait pas à croire à ce qui lui arrivait. Il y avait une monstrueuse disproportion entre ces dix minutes passées sur un lit avec D. et ce ventre qui se profilait à l’horizon. C’était insensé. Elle hurlait intérieurement : en plus, à dix-sept ans, non ! Non mais si. C’était impossible mais c’était là. Elle en était terrassée.

L’Ecole des Loisirs, page 61

Rue-du-château-des-rentiers se trouve un cabinet médical. Y défilent de nombreux anonymes, des êtres à la recherche d’une écoute attentive, de conseils avisés ou d’une présence rassurante. Le docteur Baudoin, usé par sa vie, malmène ses clients et distribue pilules et analyses à tour de bras. Le jeune Vianney Chasseloup, en revanche, dispense une attention à chacun de ses patients, chacune de ces personnes qui viennent le voir pour améliorer leur quotidien.

Un peu plus loin, le Planning Familial : la contraception, la grossesse, l’avortement. Un lieu où poser ses questions. Annie et Vianney accompagnent toutes celles qui se présentent et leur demandent leur aide. C’est le cas de Violaine, la fille du docteur Baudoin.

Marie-Aude Murail interroge ici le milieu médical, de plus en plus en prise au pouvoir des représentants, qui se fait bien souvent le jeu de l’argent. Elle traite la question de l’avortement avec un immense respect pour les femmes, sans jamais juger. Sous couvert d’une histoire de famille et de la naissance d’un bel amour, l’auteure dénonce les mauvais traitements psychologiques infligés par les docteurs à leurs patients. Mais sans condescendance et avec un humour persistant.

Découvrez aussi Le Garçon bientôt oublié de Jean-Noël Sciarini et Le Choeur des femmes de Martin Winckler (chronique à venir, mais n’attendez pas pour le lire !).

Publicités

"

  1. Pingback: Agnès Desarthe, Je ne t’aime pas, Paulus | Aux livres de mes ruches

  2. Pingback: Martin Winckler, La Maladie de Sachs | Aux livres de mes ruches

  3. Pingback: Marie-Aude Murail, Maïté Coiffure | Aux livres de mes ruches

  4. Pingback: Martin Winckler, Les Trois Médecins | Aux livres de mes ruches

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s