Stefano Benni, Margherita Dolcevita

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Benni - Margherita Dolcevita– Tu écrirais une lettre d’amour à ma prof de maths ?

– D’accord. Décris-la-moi.

– Grande, sensuelle, presbyte et glaciale, comme une cigogne dans la neige. Mais nous trouverons son point faible. Chaque homme, chaque femme et chaque théorie a un point faible.

– Même la théorie de grand-père sur le chocolat ?

Eraclito a croisé les jambes, comme il a coutume de le faire quand il s’apprête à proférer un de ses jugements.

– Oui, c’est une bonne théorie, mais elle est incomplète. Il manque un élément : c’est qu’il y a de grosses différences entre les mangeurs de chocolat : ils se divisent en libéraux-lactistes, fondamentalistes fondantistes, blanchistes et noisettistes. Pour ne pas parler des jansénistes pralinistes et des boeristes.

– Et les nutellistes ?

– Les nutellistes sont épicuriens.

– Et les consommateurs de chocolat en tasse ?

– Purs métaphysiciens, mais ça dépend de la crème.

– Et moi, je suis quoi ? ai-je demandé à Eraclito.

Il a réfléchi un moment, les yeux au plafond.

– Grand-père dit que tu es une maximaliste oeufdepâquiste.

Babel, pages 77-78

Margherita Dolcevita a quinze ans. Poétesse en herbe, elle dialogue avec la petite fille de poussière au rythme fébrile de son cœur. Entourée d’une famille on ne peut plus atypique, elle brave la vie et évolue dans un monde qui semble rêvé. La peur et les doutes n’en sont pas pour autant exclus. Ils vivent et survivent, chacun à leur manière. Un beau jour, une famille visiblement parfaite emménage dans la maison voisine. Les Del Bene semblent tout remettre en cause…

Je ne vais pas dévoiler la suite, d’une part pour ne pas gâter votre plaisir et d’autre part car je ne m’en souviens plus bien. Voilà deux ans que j’ai lu ce livre. Et si j’ai oublié les détails, il m’en reste un grand sourire et un sentiment tout particulier fait de plaisir, d’intrigue, de rire, d’illusions et de bien d’autres choses, peut-être une envie d’envol et d’espoir. Une lecture qui marque à ce point, ça se partage… alors voilà : j’en parle, je le conseille et je l’offre. Et, histoire d’être cohérente et d’aller jusqu’au bout, je lis la bibliographie complète de cet onirique Italien à l’écriture si plaisante et poétique, j’ai bien nommé Stefano Benni.

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