Patrick Cauvin, E = mc² mon amour

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Cauvin - E = mc² mon amourEnfin, je peux dire que, depuis un mois, je gamberge. J’ai dû faire trois tours du monde avec elle, je l’ai descendue une dizaine de fois de tous en flammes (j’adore les films-catastrophes) ; je l’ai sauvée de pas mal de sinistres salopards, à Hong Kong en particulier où ça a été dur. J’ai liquidé pour elle une quarantaine de mecs de la C.I.A. Pourtant rusés et bourrés de gadgets, on a chassé pas mal de tigres et, la fois où elle a glissé de l’éléphant, juste au moment où la carabine Springfield s’est enrayée, ça a été vraiment au millimètre : ça s’est terminé au couteau, et j’ai bien cru que je ne l’aurais pas, le sacré félin, mais après, c’était formidable, elle me refaisait le pansement toutes les cinq minutes en m’apportant du whisky plein de glaçons, et dehors les singes qui poussaient des cris dans leurs cages et le Kilimandjaro plein de vautours impassibles, là on peut dire que c’est elle qui m’a arraché à la mort, un peu comme John Wayne dans Hatari.

Ce que j’aime pas trop dans ce genre de film, c’est que les types ont des shorts très larges, et avec mes allumettes, ça fait gringalet comme allure.

Le Livre de Poche, pages 58-59

Daniel et Lauren. Laury et Dany. Onze ans et des poussières, des cerveaux en ébullition, de l’amour en bourgeon. La rencontre explosive de la Garenne et du XVIe, de Robert Redford et de Racine, d’un garçon et d’une fille. C’est pas facile d’être surdoué, personne ne les comprend. C’est pas facile non plus d’être amoureux, surtout qu’ils ont onze ans.

C’est un petit bijou de sensibilité que nous offre l’auteur. Rien ne manque : la finesse, la tendresse et l’humour. Le respect aussi, pour ces amours adolescentes qui, à défaut d’être reconnues, ne sont pas moins puissantes que les autres. Entre des opérations boursières savamment calculées et des concours de culture cinématographique, entre les maths et l’anglais, et entre deux trains, Daniel et Lauren apprennent à s’aimer. Ils courent, contournent et sautent. Ils se sauvent. Suivons-les donc et ne laissons pas les gondoles à Venise…

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