Emmanuel Dongala, Photo de groupe au bord du fleuve

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Dongala - Photo de groupe au bord du fleuveEt clic, il a raccroché. Tu as senti la peur dans sa voix. Tu es étonnée. Qu’a à voir le sort malheureux du fils d’Iyissou avec votre histoire de pierres ? Pourquoi raconte-t-il que vous êtes manipulées par les partis d’opposition au gouvernement ? Le président de la République, le gouvernement, les ministres, les députés, les politiciens du parti au pouvoir et de l’opposition sont trop loin, trop haut placés pour vous les gens d’en bas. Seuls vos sacs de pierres et l’argent quotidien qu’ils vous rapportaient étaient proches de vous. Tu commences à douter de vos actions. Peut-être que, sans le vouloir, vous êtes allées trop loin ? Mais non, vos revendications sont justes.

Babel, page 137

Elles sont une quinzaine de « casseuses de cailloux » à travailler au bord d’un fleuve africain. D’un commun accord, elles augmentent le prix du sac de gravier. Va alors débuter une véritable lutte : pour leur survie d’une part, et pour leurs convictions d’autre part. Méréana va être hissée par ses comparses à la tête du mouvement. C’est un combat pour la dignité dans lequel elles s’engagent : dans ce pays où tout est sous le joug de la corruption, la femme ne possède aucun statut. Accusées de « faire de la politique » et d’être « contre le Président », elles se heurtent à un monde dont la violence n’a pas de limite, mais découvrent également une vie où le partage et l’entraide sont possibles, une vie qui les soulage.

Dans ce roman à la deuxième personne, Emmanuel Dongala mêle avec brio horreur et optimisme. L’argent, celui qui corrompt mais également celui qui permet de réaliser ses rêves, est omniprésent. En inventant l’histoire de ces femmes, l’auteur dénonce tout un mode de fonctionnement. Elles survivent toutes en cassant la pierre, mais possèdent chacune une histoire marquée par la guerre, la violence des hommes et l’injustice de certaines traditions. Et l’espoir réside dans l’union de ces forces féminines…

Découvrez aussi Le Ventre de l’Atlantique de Fatou Diome et Le Meilleur reste à venir de Sefi Atta (chronique à venir dans un futur plus ou moins proche).

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