Simone de Beauvoir, La Femme rompue

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Beauvoir - La Femme rompue

Je regarde les gouttes d’eau glisser sur la vitre que battait tout à l’heure la pluie. Elles ne tombent pas verticalement ; on dirait des animalcules qui pour des raisons mystérieuses obliquent à droite, à gauche, se faufilant entre d’autres gouttes immobiles, s’arrêtant, repartant comme si elles cherchaient quelque chose. Il me semble n’avoir plus rien à faire. J’avais toujours des choses à faire. Maintenant, tricoter, cuisiner, lire, écouter un disque, tout me semble vain. L’amour de Maurice donnait une importance à chaque moment de ma vie. Elle est creuse. Tout est creux : les objets, les instants. Et moi.

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J’aimerais écrire sur La Femme rompue de Simone de Beauvoir, mais cela se révèle plus compliqué que pour de nombreux autres ouvrages. Peut-être est-ce dû au fait que cette auteure et son œuvre ont déjà été commentées, analysées et disséquées par maints professeurs et autres spécialistes. C’est donc avec plaisir que je m’éloigne de ceux-là et me tourne vers les sensations qui me sont restées de cette lecture, déjà ancienne de plusieurs semaines.

« L’Âge de discrétion », « Monologue » et « La Femme rompue » : trois nouvelles centrées sur trois femmes, trois histoires et trois solitudes. Trois nouvelles qui s’effleurent et se font échos, qui nous touchent et nous marquent. Ou du moins qui m’ont touchée et m’ont marquée. Il est effrayant cet isolement des êtres qui vivent à deux mais ne savent communiquer. Effrayante, l’obstination de ces femmes à ne pas vivre pour elles-mêmes mais par les autres. Effrayantes, ces vies qui s’arrêtent avec le couple.

Si ce n’était déjà fait, on comprend pourquoi Simone de Beauvoir a eu une telle importance dans son temps et dans le nôtre.

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