Nancy Huston, Trois fois septembre

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Huston - Trois fois septembreJe ne savais pas que mon rire étais si beau, ni que rire pouvait être si agréable. À force de réfléchir au rire j’ai cessé de rire et, à la place, j’ai pensé à une phrase sur le rire. Cette phrase, j’aurais voulu la noter, mais pour la noter il aurait fallu que j’aie mon cahier, et j’ai compris que la ronde pouvait recommencer ainsi indéfiniment et qu’il me fallait changer de sujet.

« Changer de sujet sous LSD, m’avait prévenu Jonathan avant qu’on avale le papier buvard imbibé de rose, c’est comme changer de chaîne à la télévision. Dès qu’on l’a décidé, on est plongé dans un autre monde. N’oublie jamais que c’est toi la réalisatrice, toi qui contrôles les images : sinon tu auras l’impression d’être contrôlée par elles. »

Pages 96-97

Deux femmes se retrouvent le temps d’un week-end, une seule idée en tête : comprendre. Comprendre ce qui est arrivé à Selena, cette jeune fille à la fois passionnée et discrète. Comprendre ce qui faisait sa vie et ce qui a causé sa mort. Tout est consigné dans un carton fermé par un ruban rouge : lettres, poèmes et journaux intimes. Solange et Renée, la mère et la fille, se sont accordé trois jours pour lire à haute voix ces documents, ce témoignage d’une vie chaotique.

Trois fois septembre est l’un des premiers romans de Nancy Huston – et peut-être le moins connu. Et pourtant, c’est un recueil de beauté, de sensibilité, de désespoir et de poésie. Dans une Amérique qui oscille entre le mouvement hippie et la guerre du Vietnam, les idéaux s’affrontent et donnent naissance à des êtres scindés. Les individualités se mêlent à la grande histoire, s’érodent et, parfois, se dissolvent. Même l’amour, si puissant, se révèle parfois insuffisant.

Avec la poésie qu’elle confère à sa prose, l’auteure nous emmène dans un voyage initiatique, parfois tentant, parfois effrayant. On se perd dans les méandres des bonheurs et des douleurs, on oscille entre le français et l’anglais mais, finalement, on continue à suivre le fil de ces histoires. Inlassablement.

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    • Des informations complémentaires à propos de cet ouvrage ? Il est publié chez Actes Sud, dans la collection Babel et on peut le commander dans n’importe quelle librairie (je crois qu’il coûte dans les 7 €) !

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